The door in the floor. D'après un demi-roman

BRUXELLES Adapter John Irving au cinéma ne s'est jamais révélé facile, et on en veut pour preuve l'accueil mitigé réservé par le public voici cinq ans à L'oeuvre de Dieu, la part du diable, malgré l'Oscar du Meilleur Second Rôle dévolu à Michael Caine et la brillante mise en scène de Lasse Hallström. Avec The door in the floor, on risque à nouveau de heurter tous ceux qui ont lu - et sans doute apprécié... - le roman qui est à la base du scénario, d'autant que le film n'en aborde que la première partie.

Sur la côte, un jeune apprenti écrivain tout frais émoulu du college débarque afin de servir d'assistant à un auteur très connu de contes pour enfants. Accueilli par l'épouse de celui-ci, le jeune homme découvre rapidement que le couple bat de l'aile. Un drame épouvantable est à l'origine du malaise. Les deux fils aînés ont disparu dans un accident de voiture et seule reste Ruth, une fillette vivant dans le souvenir entretenu de ses deux frères, alors que le père et la mère décident de se séparer, du moins provisoirement. Le premier choisit de peindre les femmes qu'il espère séduire tandis que la seconde ne se montre pas insensible aux avances - à peine retenues il est vrai - du nouvel assistant de son mari...

L'idylle cinématographique entre le néophyte Jon Foster et la routinée Kim Basinger, cinquante ans tout rond au moment du tournage, n'a pas manqué de rappeler celle entre Gary Grimes et Jennifer O'Neill dans le mythique Un été 42 de Robert Mulligan. La comparaison s'arrête à l'anecdote, car avec The door in the floor, on est beaucoup plus proche d'un Scent of a Woman par la relation entre le mari (Jeff Bridges en l'occurrence) et son assistant. Mis en scène par Tod Williams, le film est de bonne facture à tous les points de vue mais peut-être sans doute un peu trop classique. Les surprises pourtant n'y manquent pas. On en veut pour preuve les gros plans sur l'anatomie de Mimi Rogers prouvant qu'à quarante-sept ans (au moment du tournage toujours) on peut encore remplir plus qu'avantageusement la lentille d'une caméra.

Et précisons pour ceux qui ne connaissent pas le roman, que le film se suffit à lui-même. Sachant que la seconde partie de celui-ci se déroule vingt-cinq ans plus tard, une suite est peu probable en tout cas dans l'immédiat.

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© La Dernière Heure 2005