Steven Spielberg a fait craquer la planète en 1982 avec l’un des plus grands films familiaux de tous les temps.

Faites le test autour de vous pour savoir quels films de Steven Spielberg ont le plus marqué l’histoire du cinéma. Il ne faudra pas attendre longtemps avant d’entendre E.T., le gentil petit extraterrestre qui veut désespérément rentrer chez lui. Logique : beaucoup le considèrent comme le prototype du film familial (il occupe d’ailleurs la première place dans le classement de tous les temps établis par les Anglais). Et pourtant, à l’origine, le Wonder Boy projetait de tourner un film d’horreur. En plein tournage de la première enquête archéologique d’Indiana Jones, Les aventuriers de l’Arche perdue, il planchait sur l’adaptation d’un roman de John Sayles, Watch the Skies. Soit l’histoire d’aliens qui envahissent la Terre et en profitent pour disséquer les humains. Lecteur attentif, Steven Spielberg n’a gardé que l’idée du petit extraterrestre abandonné par les adultes. Et c’est ainsi qu’il imagina E.T. Sans oublier pour autant son projet initial, puisqu’il produit Poltergeist , conçu comme l’exact opposé d’E.T., pendant qu’il tournait son projet.

Si aujourd’hui, les aliens craquants sont entrés dans l’imaginaire, à l’époque, il s’agissait d’une véritable révolution. Qui fit un malheur au box-office en 1982 : 792 millions de dollars au box-office mondial, ce qui n’avait jamais été réalisé dans toute l’histoire du cinéma. Il faudra attendre onze ans, et le Jurassic Park, de Steven Spielberg toujours, pour que ce record soit battu.

La critique fut tout aussi enthousiaste que le public. La plupart des médias insistèrent sur la manière très originale de filmer (à hauteur d’enfant, pour augmenter l’identification à E.T. et à Elliott), le raffinement du scénario truffé de jolies répliques ("E.T. téléphone maison", "Tu es sûrement mort, parce que je ne sais plus ce que je ressens"), la magie des scènes cultes (le bout du doigt qui rougit, l’envol du vélo devant une Lune gigantesque, la rencontre entre E.T. et Yoda) ou sur l’utilisation des effets spéciaux de pointe au service d’une émotion intense (Lady Di pleura d’ailleurs à la fin d’une projection).

Encensé, E.T. fut montré à la Maison-Blanche spécialement pour le président Ronald Reagan, mais aussi aux Nations unies. À chaque fois avec le même succès. Pourtant, cette merveille ne laisse pas que des grands souvenirs à certaines personnes. Sarah Michelle Gellar postula pour le rôle de Gertie. En vain. Juliette Lewis aussi, mais son papa la poussa à retirer sa candidature. Shelley Long, pour sa part, se vit offrir le rôle de la maman d’Elliott. Elle préféra tourner Les croque-morts en folie … Un choix qui dut ensuite lui sembler bien amer. Elle ne fut pas la seule à commettre une terrible bourde. Craignant le double emploi, le studio Columbia laissa tomber E.T. au profit de Starman de John Carpenter. Tout profit pour Universal qui récupéra le film de Spielberg.

Quatre Oscars vinrent couronner ce petit bijou : le son, les effets spéciaux visuels, les effets spéciaux sonores et la musique de John Williams. Mais pas celui du meilleur film. Ce qui choqua même Richard Attenborough, le grand gagnant de cette cérémonie-là avec Gandhi : "J’étais certain non seulement qu’E.T. gagnerait, mais aussi qu’il aurait dû gagner. C’est si inventif, puissant et merveilleux." Il avait totalement raison.