Emmanuelle Béart a illuminé le Festival de Gand, hier, lors de la présentation d'un film... belge, Vinyan

GAND Emmanuelle Béart en Belgique, ce n'est plus nécessairement un événement. Elle vit une partie de l'année dans la région de Genappe, où elle a épousé Michael Cohen le 13 août dernier. Mais hier, au Festival de Gand, elle a fait sensation en défendant avec conviction un film du Belge (francophone...) Fabrice du Welz, Vinyan. "Je suis une citoyenne engagée, les pieds bien ancrés dans la vie quotidienne, mais la situation belge est trop complexe pour une Française , lâche-t-elle avec le sourire. Par contre, j'ai toujours pensé que ce film dépasserait toutes les frontières et j'aime bien l'idée que la première qu'il a franchie, c'est la frontière linguistique entre la Wallonie et la Flandre pour être montré ici à Gand. C'est un joli symbole."

L'histoire de cette mère qui cherche désespérément après son fils emporté par la vague du tsunami vous touchait personnellement ?

"Ce film, je l'ai fait pour le réalisateur. Calvaire, je l'ai vu quand j'étais membre du jury à Cannes même s'il n'était pas en compétition. Tout le monde parlait de ce film polémique. J'avais trouvé ça très affirmé comme point de vue et je m'étais demandé si c'était un vieux monsieur, avec toute la maturité pour comprendre l'absence, le manque, ou si c'était un petit garçon avec une caméra folle qui filmait. Je n'arrivais pas à imaginer qui était derrière ce film."

Comment s'est déroulée la rencontre ?

"Il n'est pas décevant, Fabrice. Il a ce mélange de maturité incroyable, sans lequel on n'aurait pas pu faire le film, et d'audaces, de transgressions. Il semble ne pas avoir de limite, de tabou. Je débarque dans un univers cinématographique incongru pour moi."

Vous vous attendiez à être secouée sur le tournage ?

"Non. Je me suis dit : ce sujet-là, traité par cet homme-là, d'accord. Traité par un autre metteur en scène, je ne suis pas sûre que j'aurais participé au projet."

Il vous faisait peur ?

"Je suis comme Fabrice du Welz : je n'ai pas peur de grand-chose au cinéma. C'est la vie qui est dangereuse. Le cinéma est une incroyable aventure, il n'y a pas de risque. Qu'est-ce que j'ai à perdre après 22 ans de carrière ? J'ai tout à gagner à rencontrer des gens comme ça. En plus, il me correspond vraiment. J'adore son impatience, sa curiosité. On sent que le film est vital pour lui. Pour une actrice, cela procure déjà une grande partie du plaisir."

D'évidence, elle en prend toujours. Quand on la félicite pour son mariage, elle réplique, sourire en coin : "Félicitations à votre journal. Vous êtes les premiers à avoir révélé le mariage. Je ne sais vraiment pas comment vous avez pu être au courant..."



© La Dernière Heure 2008