Ennio Morricone n’a gagné qu’un seul “vrai” Oscar, grâce à Quentin Tarantino.

En fan absolu du cinéma des westerns (en plus du cinéma asiatique, évidemment), Quentin Tarantino n’a jamais caché son immense admiration pour Ennio Morricone. Ce n’est pas un hasard s’il l’a engagé pour Kill Bill volume 2, Inglorious Basterds et, surtout, Les huit salopards, qui a permis au compositeur de gagner son premier “vrai” Oscar (le précédent l’avait été en 2007 pour sa carrière).

En 2018, un média allemand avait prétendu qu’il avait qualifié le cinéaste de “crétin”. Malgré les rétractations du journaliste, la polémique avait pris tant d’ampleur qu’Ennio Morricone dut mettre les choses au point : “Je n’ai jamais exprimé des commentaires négatifs à l’égard de Quentin ou de ses films -et je n’ai jamais déclaré que ses films étaient des bêtises. Je considère que Quentin est un grand réalisateur. Je suis très content de notre collaboration et de la relation que nous avons développée ensemble. Il est courageux et il a une personnalité géniale.”

Preuve de leur connivence, pour Les huit salopards, Tarantino lui a permis de travailler exactement comme il l’entendait, uniquement sur base du script et non des images comme cela se fait d’habitude. “Quentin Tarantino ne m’a pas donné la moindre indication. Il n’avait aucune requête, ce qui m’a laissé énormément de liberté. C’est une énorme responsabilité aussi. J’étais motivé pour lui fournir le meilleur travail de ma carrière.”

Comme toujours, il a opté pour une approche originale : “Pour moi, ce n’est pas un western, mais une aventure dramatique qui se déroule dans le passé, dans un décor enneigé. C’est pour ça que je n’ai pas composé une musique de western. Je voulais que ce soit totalement différent de ce que j’avais composé voici 40 ou 50 ans.”

Résultat : un Oscar. Bien trop maigre et tardif : il aurait aisément pu en récolter quelques dizaines d’autres.

© AFP