Rencontres à Elizabethtown. Artificiel et prétentieux

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BRUXELLES Inactif depuis Vanilla Sky, remake assez peu utile de l'excellent Ouvre les yeux de l'Espagnol Amenabar, le réalisateur Cameron Crowe était juste apparu depuis comme acteur dans Minority Report de Spielberg. Il est revenu aux affaires avec cet Elizabethtown, une comédie sentimentale prétentieuse et artificielle.

Déjà, on a bien du mal à croire au désastre que vit Drew, un jeune designer. Sa dernière création en matière de chaussures de sport serait un vrai fiasco. En tout cas, son patron (courte apparition d'Alec Baldwin...) y croit dur comme fer, à ce fiasco qui ne doit pourtant être annoncé que... quelques jours plus tard (là, on a clairement affaire à du vrai délire typiquement wallstreetien). Toujours est-il qu'un malheur n'arrivant jamais seul, Drew est sauvé du suicide in extremis par un coup de téléphone de sa soeur qui lui annonce que leur père vient de décéder. Comme la maman est dans un état second, voilà Drew contraint de retourner dans sa province natale pour se charger des funérailles. C'est dans l'avion qu'il rencontre une gentille hôtesse de l'air qui va devenir sa fée clochette...

D'un sous-ersatz de Falling down avorté, Elizabethtown passe à la chronique familiale sirupeuse avec un double passage obligé par le road-movie: on a rarement vu un montage aussi peu convaincant, qui donne de l' American way of life une image aussi caricaturale, car le happy end le plus faussement non téléphoné est évidemment de service!

En fait, il faut croire que tout s'est ligué contre ce film. L'emploi du temps d'Orlando Bloom - dont on a vraiment du mal à croire qu'il fut sérieusement sur les listes pour incarner James Bond - a retardé le tournage, alors que Jane Fonda s'est désistée pour un problème d'agenda. Voilà comment Susan Sarandon a fini par débarquer, question de voler la vedette à Kirsten Dunst au prix d'une longue tirade qui nous vaut l'un des rares bons moments d'un film n'affichant plus que deux heures et trois minutes. La version originale en comptait quatorze de plus.

© La Dernière Heure 2005