Millions. Fable très british signée Danny Boyle

BRUXELLES Imaginez un peu que finalement, envers et contre tout, les sujets de la vieille et perfide Albion décident d'abandonner leur sacro-sainte livre sterling pour passer à l'euro... Inimaginable - s'il en est - révolution qui n'est pas pour demain.

Sauf - of course - dans la tête d'un scénariste un peu fou, en l'occurrence Frank Cottrell Boyce, collaborateur habituel d'un autre grand déjanté du septième art, le réalisateur Michael Winterbottom. Là, pourtant, l'intéressé a commis une belle infidélité en s'associant au dénommé Danny Boyle, dont le premier et seul véritable succès remonte à dix ans et s'intitulait Trainspotting, qui marquait les débuts d'Ewan McGregor.

Mais revenons aux Millions de billets à l'effigie de Sa Gracieuse Majesté, que deux gamins, récemment privés de leur maman, découvrent tout à fait par hasard, ignorant bien entendu qu'il s'agit du butin d'un braquage.

Anthony et Damian savent très bien que, quelques jours plus tard, les livres ne vaudront plus rien si elles n'ont pas été transformées en euro, mais ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la question fondamentale: faut-il réellement convertir l'argent ou bien... le dépenser intelligemment? That's the question...

La fable est d'autant plus amusante que les auteurs lui ont greffé une attache carrément religieuse, l'un de nos deux héros en herbe s'étant passionné pour l'histoire de tous les saints du calendrier. Millions s'inscrit dès lors dans la catégorie assez peu étoffée des comédies poussant l'humour british dans ses derniers retranchements. On reste certes bien en deçà de ce que faisaient jadis, avec une verve irremplaçable, les fameux Monty Pythons. Mais il faut reconnaître que le montage est ingénieux et que les rebondissements sont plutôt marrants. Et puis, il y a ce ton et ce style propres au cinéma anglais. Et c'est toujours une exclusivité aussi jalousement gardée que l'increvable livre sterling...

Les salles et horaires du film

© La Dernière Heure 2005