RÉSUMÉ Malade imaginaire compulsif, Romain Faubert souffre de tout. Tout le temps. Et cela rend malade son médecin, Dimitri Zvenka. Pour se débarrasser définitivement de l’encombreur de salle d’attente qui a ruiné son réveillon de nouvel an en tabassant tous ceux qui allaient lui refiler des microbes avec leurs baisers, une seule solution : le fourrer dans les pattes d’une femme suffisamment amoureuse pour endurer ce calvaire. Pas gagné d’avance…

NOTRE AVIS: 6/10

Petite piqûre de rappel : voici six ans, Dany Boon avait composé un des duos les plus désopilants du cinéma français avec Kad Merad. Avec des dilatations de rate massives à la clef : Bienvenue chez les Ch’tis avait explosé le record du box-office en France. Maladie d’argent n’étant pas mortelle, il applique le même traitement en s’amusant gentiment non plus de sa région natale mais d’un de ses traits de caractère pas forcément les plus appréciés par son entourage : l’hypocondrie.

C’est grave, docteur ? Dans un premier temps, on serait tenté de répondre oui. Au plus petit rhume, au moindre soupçon de virus, à la seule idée d’une contamination d’un magazine ou d’un morceau de nourriture, il se met à hurler façon Michel Serrault dans La Cage aux folles, à trépigner, à s’imposer dans le cabinet du médecin ou à appeler une ambulance. Exactement les symptômes auxquels on s’attend. Pas besoin d’un thermomètre pour constater que la température ne monte pas et que la déprime guette.

Et puis, en moins de temps qu’il n’en faut à un praticien pour stéthoscoper une blonde pulpeuse, au moment même où le scénario verse dans l’improbable (Roman Faubert est confondu avec un héros de la résistance du Tcherkistan), les rires salvateurs se déversent avec plus de douceur qu’un sirop pour la toux. Amené à camper un dur dont s’éprend la sœur du bon docteur, Dany Boon crée enfin le décalage de nature à dérider les zygomatiques. Accent slave étonnamment convaincant, tête de tueur décérébré, le malade imaginaire lutte tant bien que mal contre tout ce qui lui torture l’esprit ("Je suis hypocondriaque, c’est maladif"), déguste en pleurant une pita répugnante à ses yeux, se fait tabasser par des flics incultes qui prennent Victor Hugo pour son complice, se retrouve en taule avec des rats et des cafards, bref s’en prend plein la figure sous le regard ébahi de Kad Merad. Les mines interloquées de ce dernier, ses questions fâchées à sa sœur ("Je peux savoir qui est l’homme en slip que j’ai vu dans ta chambre ?"), les dialogues absurdes ("Même les plus grands chênes ont un jour été des glands") ou ses conversations surréalistes avec son patient ("Je vais finir seul, sans enfant, vieux, moche, malade", lui confie Faubert, avec pour seule réponse, dénuée de compassion : "Malade, non") font qu’on se bidonne de bon cœur sans se prendre la tête. Un peu moins qu’avec les Ch’tis, mais plus qu’avec Rien à déclarer.

Si la pilule passe mal au début, au final, elle procure plus de bien-être euphorisant qu’un antidépresseur. Et devrait donc être remboursée par la sécurité sociale.