A ce jour, Le loup de Wall Street détiendrait le record cinématographique de la grossièreté, avec pas moins de 715 jurons, avec une préférence pour le mot "fuck", utilisé 569 fois. Dans ce registre très particulier, le top 10 des films recense plus de 5.000 insultes. Qui en deviennent presque banales, à force de répétition sur tous les écrans, quelle que soit leur taille.Selon une étude menée par BuzzBingo, entre 1960 et aujourd’hui, le nombre de gros mots aurait tout simplement triplé dans les fictions.

Le phénomène a pris une telle ampleur que le British Board of Film Classification (BBFC) a diligenté une enquête sur le sujet. Qui constate que dans la vie de tous les jours, l'emploi des jurons chez nos voisins d'outre-Manche a augmenté de 30 % en cinq ans à peine. Ils font partie de la vie courante pour 64 % des hommes, contre 55 % des femmes. Mais l'âge constitue un facteur de différenciation. Seuls 25 % des 18-24 ans disent ne jamais les utiliser en public, alors que cette proportion grimpe à 75 % pour les plus de 65 ans.

De manière très surprenante, le rapport s'inverse au moment d'évoquer le contrôle des fictions... chez les parents. 55 % des moins de 34 ans sont favorables au remplacement des gros mots par des bips, contre 40 % des plus de 55 ans. Dans les deux cas, ils l'emportent sur ceux qui estiment qu'il vaudrait mieux adoucir les insultes que de les "bipper" (43 % des moins de 34 ans et 35 % des plus de 55 ans, les autres étant indécis).

Alors, faut-il remplacer les injures, dont l'usage augmente sur tous les supports ? Le débat est ouvert. Pourvu que la discussion ne tourne pas à l'échange de noms d'oiseaux.