Franck Dubosc campe pourtant une ex-gloire du ballon rond dans Les seigneurs , qui sortira en salles le 26 septembre

BRUXELLES Si Franck Dubosc est passé hier dans nos locaux, c’est aussi pour parler de son dernier film, Les seigneurs , d’Olivier Dahan (La môme ). Bien qu’il y ait beaucoup à redire sur le scénario (souvent moins drôle que ce qu’on aurait pu espérer), il s’agit d’un des castings les plus détonants du cinéma français. Imaginez Dubosc, mais aussi Gad Elmaleh, José Garcia, Omar Sy, Joey Starr ou Ramzy campant d’ex-gloires du foot en pleine déchéance qui acceptent de rejouer dans une petite équipe bretonne ! Et autant dire que le retour sur le terrain est folklorique.

Vous êtes un grand amateur de ballon rond ?

“Non, pas du tout ! Je ne connais rien au foot, je serais incapable de reconnaître un footballeur. L’autre jour, avec José Garcia, on a donné le coup d’envoi d’un match au Stade de France. À part Ribéry, il n’y a pas un seul joueur dont je connaissais le visage. Je me fous complètement du foot. Sauf quand c’est la Coupe du Monde. Là, je suis chauvin.”

On a pourtant l’impression que c’est tendance chez les acteurs de dire qu’ils sont fans de telle équipe…

“Je pense que c’est parce que la plupart des acteurs aujourd’hui viennent de milieux peu aisés – tout comme moi – et ont des idoles parmi les joueurs. Quand ils deviennent connus, ils peuvent les côtoyer et dire qu’ils sont copains avec tels joueurs du PSG.”

Et vous pratiquez le foot ?

“Non plus.”

Vous êtes donc doublé dans les scènes de matches ?

“En fait, on a tout fait nous-mêmes et c’était redoublé ensuite si c’était nécessaire. Mais on s’est tous pris au jeu. On avait de vraies chorégraphies ensemble. On était comme des gamins. Par contre, lorsque je marque de la tête, le ballon est fait en images de synthèse.”

Le film est une satire du foot-fric et de la starification à outrance des joueurs ?

“C’est une caricature du football, c’est une comédie, mais je ne pense pas qu’il y a de la moquerie. On a évité d’attaquer des footballeurs en particulier. Je joue un joueur qui veut être acteur, comme Franck Lebœuf. J’avais pensé me raser la tête pour lui ressembler et puis, avec le réalisateur, on a choisi de ne pas le faire, car il n’y a pas de raison de le cibler lui. Il ne s’agit pas de dénigrer un sport que des millions de gens aiment, même si on sait qu’il y a les excès liés à l’argent.”

Vous en pensez quoi de ces footballeurs qui veulent devenir comédiens. Il n’y a pas que Lebœuf. Il y a aussi Cantona…

“Pourquoi pas ? Yannick Noah est bien devenu chanteur. Cantona est un très bon acteur. Pour Franck Lebœuf, je ne pourrais pas juger, car je ne l’ai jamais vu jouer. Cela dit, vous remarquerez qu’aucun n’est arrivé à faire oublier son image de footballeur… à part Julio Iglesias (rires).”

Le film est aussi un des castings les plus incroyables du cinéma…

“On se connaissait tous. Il est clair que c’est séduisant. Quand vous lisez le scénario et que vous vous dites que tel personnage sera joué par Gad Elmaleh, ça crée de l’enthousiasme. On sait que ça va être une aventure humaine en plus d’être un film.”

L’ambiance était comment sur le tournage ?

“Si on était sérieux lors des prises de vue, en dehors il y avait une ambiance de cour de récré. Ça partait dans tous les sens.”

Et Joey Starr, il était comment ?

“Ça dépendait de l’heure (rires) ! Mais dès qu’on dit moteur, il est à fond. Quand il a décidé de faire un film, il le fait bien. Après, une fois qu’il y a le mot couper, il fait ce qu’il veut…”



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