«Gabriel Yared a tout de suite été séduit par le projet»

Cinéma

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE DOMINIQUE DEPRÊTRE

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L'avion. Cédric Kahn n'est pas peu fier du choix de son musicien

PARIS «A mon point de vue, le film pour enfants est tout sauf un sous-genre. C'est au contraire un genre à part entière et il est particulièrement exigeant. On n'imagine pas le travail que demande l'apparente simplicité qui lui est inhérent. J'ai eu en permanence le souci d'être léger, limpide et rapide, car je redoutais que le sujet nous entraîne vers un film trop grave. Il fallait trouver le point d'équilibre entre légèreté et profondeur. C'est le film le plus difficile et le plus grisant que j'aie réalisé depuis le début de ma carrière» explique Cédric Kahn qui n'est pas peu fier du résultat.

L'avion constitue aussi une intrusion plutôt sympathique du cinéma français dans le domaine des effets spéciaux, généralement réservé aux grosses machines hollywoodiennes: «Le film comporte trois cents plans d'effets spéciaux avec un mélange d'effets mécaniques, d'images de synthèse et d'effacement pour les câbles de l'avion ou le manipulateur qui se trouvait parfois carrément dans le champ de la caméra. Nous avons utilisé tout ce qui existe en matière de trucage afin de rendre le film techniquement le plus crédible possible» précise l'auteur qui a eu lui-même l'idée de prendre contact avec Gabriel Yared pour la musique. Assurément le gage d'une réussite totale au niveau de l'ambiance générale du film. Auteur de la musique du Patient anglais, le compositeur français qui vit aujourd'hui à Londres est l'un des artistes les plus demandés sur la scène internationale...

«Je savais que son style, son lyrisme, son souffle étaient capable de faire décoller littéralement L'avion, mais jamais je n'aurais imaginé pouvoir le convaincre aussi rapidement. Sur base du scénario, il nous a fait parvenir un premier CD avec lequel nous avons travaillé au montage, puis il a repris un a un les morceaux choisis pour les réadapter au rythme des images et du montage. J'ai assisté à l'enregistrement final des orchestration à Prague, et j'avoue que j'ai rarement été aussi impressionné» raconte Cédric Kahn qui a également trouvé en Isabelle Carré la maman idéale du petit Roméo. Pour cette dernière, L'avion succédait au tournage exigeant et mouvementé du dernier film de Bertrand Tavernier, Holy Lola.

Inoubliable Mary Poppins

«J'ai beaucoup apprécié l'idée du film pour enfants, ce côté conte de fées, épuré, sans surcharge. Ce film m'a fait découvrir qu'en tout adulte sommeille toujours une part d'enfance. On se rappelle de l'enfant qu'on a été et on se souvient des premiers films qui nous ont marqué. Moi, incontestablement, ce fut Mary Poppins», raconte la comédienne qui garde décidément du tournage un souvenir émerveillé. «Une parenthèse lumineuse et humaine, avec en point d'orgue, la fameuse séquence sur la dune du Pilat qui résume totalement ma perception du film. Pour ne pas distraire les enfants, il n'y avait qu'une équipe réduite au minimum sur le plateau. Cédric voulait que les enfants soient seuls, pour qu'ils puissent donner l'impression de jouer réellement entre eux. Pour moi c'était la première fois dans ma carrière que je débarquais sur un plateau de tournage désert et sans la moindre répétition. J'ai adoré cette expérience!» conclut celle qui restera la fameuse Femme défendue de Philippe Harel dans le coeur des cinéphiles.

© La Dernière Heure 2005

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