Cinéma Avec Wonder Woman, Gal Galdot devient la nouvelle super-héroïne de DC Comics. Un rôle phare pour cette Israélienne, remarquée dans The Fast and the Furious.

Diana (Gal Gadot) est une jeune princesse de la tribu des Amazones. Élevée à la dure sur une île paradisiaque, son destin semble déjà tout tracé par sa mère, la reine Hippolyte (Connie Nielsen). Objectif ? Donner le meilleur d’elle-même et devenir une guerrière invincible afin de protéger les siens. Jusqu’à ce que le hasard intervienne, sous la forme d’un pilote américain. Un dénommé Steve Trevor (Chris Pine) qui vient de se crasher sur les terres de Diana.

À son contact, la demoiselle, jusque-là protégée des fracas du monde, va découvrir que la planète est en proie à des guerres sans fin. Aux côtés de cet aviateur, elle décide donc de quitter son île avec l’ambition louable de mettre un terme à tous les confits qui font rage. Autant dire qu’elle va avoir du pain sur planche. C’est à cette occasion qu’elle s’apercevra qu’elle est dotée de super-pouvoirs. Wonder Woman est née.

Réalisée par Patty Jenkins, l’adaptation de Wonder Woman est, contre toute attente, une vraie réussite. Quarante après la consternante série télé qui propulsa Linda Carter sous le feu des projecteurs, l’Israélienne Gal Gadot se montre une actrice capable de jouer juste tout en faisant tournoyer son lasso. Pour DC Comics, c’est surtout le premier film susceptible - après l’échec cuisant de Batman VS Superman et le rendez-vous manqué avec Suicide Squad - de redorer son blason face à son éternel concurrent, les studios Marvel.

Vous pensez que Wonder Woman est un film de propagande pour la cause féminine ?

"Je pense que c’est un film important pour les femmes, mais aussi pour les hommes. Certes, c’est important que nous les femmes nous ne soyons pas réduites à l’état d’objet ou de fonction purement sexuelle. C’est essentiel aussi qu’à l’instar des hommes nous ayons une icône qui nous représente. En même temps, nous ne voulons pas que les femmes ressemblent aux hommes. Il est essentiel qu’elles gardent leur sensibilité et leur sens pratique ! Nous avons besoin de femmes qui éduquent les hommes et non qui s’opposent à eux. Ce que je constate, c’est que les relations homme-femme ont toujours été du pain bénit pour les écrivains et les cinéastes. Regardons les choses en face, les hommes n’ont toujours pas compris qu’en trente ans, l’image de la femme avait radicalement changé. Elles ont acquis une autonomie financière, une autonomie juridique et les hommes ont peur qu’elles s’en servent. Cette émancipation passe aussi par une redistribution des rôles sexuels. En amour, les femmes ne subissent plus. Elles draguent comme des mecs. Elles vont voir les strip-teaseurs des tournées Chippendales et si elles en ressentent l’irrésistible envie, n’hésitent pas à glisser un gros billet dans le slip panthère du monsieur !"

Vous avez vécu la plupart de votre vie en Israël et, à l’instar du personnage que vous incarnez, dans une sorte de bulle. À quel moment avez-vous ouvert les yeux sur le monde qui nous entoure ?

"C’est une bonne question. Je pense que j’ai pu sortir de l’âge de l’innocence et de la naïveté le jour où j’ai compris que mes parents n’étaient pas des superhéros, mais des gens ordinaires, des êtres humains qui n’avaient qu’une ambition : m’apporter de l’amour à la maison. Quand mon père arrivait chez nous, nous nous sentions en sécurité. Il était toujours là pour nous rassurer et épauler ma mère. Ce n’est qu’à l’adolescence que j’ai finalement découvert à quel point mes parents nous avaient préservées de la folie des hommes."

Vous n’avez pas une très longue carrière à Hollywood. Mais avec les rôles de Gisele Harabo dans The Fast and the Furious et maintenant Wonder Woman, il est probable que vous ne passiez à la vitesse supérieure. La célébrité, le fait d’être reconnue dans la rue, vous gérez ça comment ?

"Je ne prête pas attention à ce que j’appelle les ‘effets collatéraux’ de mon métier. J’ai découvert les travers de la célébrité quand j’étais mannequin en Israël. Le seul aspect positif dans tout ça, c’est que la notoriété m’a précédée et que je n’ai du coup pas eu à passer des auditions à répétition une fois arrivée sur le sol américain. Je n’ai pas eu à m’épuiser, moi ou mon agent, pour décrocher un rôle. Les scripts sont venus à moi. Et non l’inverse. Si j’aime l’histoire, je signe. Dans le cas contraire, je passe la main ! Ce n’est pas plus compliqué que ça. En ce qui concerne Wonder Woman , le script m’a tout de suite emballé ! Si je n’avais pas dit oui, franchement, je l’aurai regretté toute ma vie. C’était une opportunité que je ne pouvais pas refuser."

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce personnage ?

"Le fait qu’elle ne soit pas parfaite. Elle peut être tout à la fois. C’est une guerrière féroce qui est parfois totalement naïve et manque de confiance en elle. Wonder Woman est une femme à multifacettes. On ne la cerne pas facilement. Bref, elle est surprenante !".

Wonder Woman est surtout une héroïne qui a de l’empathie pour l’humanité. Vous vous retrouvez dans ce trait de caractère ?

"Incontestablement ! J’aime profondément les gens. Même lorsque certaines personnes ont un mauvais fond, j’essaye de leur trouver des qualités. Je ne vois toujours que le bien en eux ! Nous vivons sur la même planète, nous avons tous envie d’un futur radieux pour nos enfants, nous aspirons toutes et tous à évoluer dans une société qui ne vous juge pas en fonction de votre couleur de peau, de votre religion ou de vos origines sociales."

Parlez-nous un peu de l’entraînement. On imagine que pour les scènes de combat vous avez dû vous donner à fond ?

"J’ai la chance d’avoir été danseuse pendant douze ans. Dès que l’on me demande de mémoriser une chorégraphie dans une scène, j’adore ça. Ça me rappelle la belle époque où je faisais des entrechats ! Le plus dur, ça a été de monter à cheval. Quand vous regardez un film qui comporte des scènes équestres, ça a l’air super simple… Je vous garantis que ça ne l’est pas ! À la fin de la journée, vous ne sentez pas plus vos articulations. Quant aux armes utilisées, j’aurais préféré utilisé le plus souvent le lasso de la vérité, qui est plutôt une arme non-violente. Mais visiblement, les scénaristes ont préféré le glaive au lasso !"

Vous êtes-vous blessée sur le set ?

"À la fin, je ne comptais plus les ecchymoses, les coupures, etc. Mais le moment où je me suis fait le plus mal, c’était pendant une scène tournée en Italie, où j’ai marché sur un oursin."

Et le costume, vous en pensez quoi ?

"Il était beaucoup plus confortable que celui que je portais dans Batman VS Superman . Et heureusement d’ailleurs. Le tournage de Wonder Woman a duré six mois. Il faut dire aussi que j’avais sept costumes différents. Leur look était le même mais la coupe et les matériaux utilisés n’étaient pas du tout les mêmes en fonction des scènes qu’on tournait."

Envisagez-vous de retourner en Israël pour faire des films et des séries ?

"Si l’occasion se présente, pourquoi pas ! C’est drôle de se dire que je suis Israélienne et que je n’ai joué que trois rôles dans mon propre pays. Ma carrière est essentiellement américaine. Donc oui, je serai ravie de jouer en hébreu !".

Parlez-nous de vos deux années passées dans l’armée israélienne. Est-ce que cette formation vous a aidé pour les scènes de combats ?

"Je n’ai pas combattu dans l’armée. C’était juste un service militaire. J’étais instructeur de self-défense, donc mon boulot consistait essentiellement à donner des exercices physiques, des cours de gym pour que nos soldats restent en forme. C’est d’ailleurs pour ça que, deux ans plus tard, les producteurs de The Fast and the Furious m’ont embauchée : parce que j’ai toujours été quelqu’un de très sportive mais aussi parce que j’ai toujours été confiante dans ma façon d’occuper l’espace !"