Après Narco et avant sa prochaine réalisation

BRUXELLES Son rôle de copain bon à rien de Vincent Elbaz est incontestablement l'une des richesses de Ma vie en l'air. En quelques mois à peine, Gilles Lellouche aura donc réussi à s'imposer à la fois comme comédien et comme metteur en scène, puisque, rappelons-le, on lui doit le fameux Narco. L'intéressé, pourtant, avoue «en avoir bavé...»

«Lorsque je suis sorti du Cours Florent, j'ai ramé pendant des mois et j'avoue humblement aujourd'hui que cette période a été la plus difficile à vivre dans toute ma vie. La plupart des jeunes qui sortent des études ont droit au chômage mais pas nous les comédiens. Un acteur qui ne joue pas est sans doute ce qu'il y a de plus inutile sur la terre. C'est comme ça que je me suis mis à l'écriture et à la réalisation. Afin de ne pas végéter de casting inutile en casting inutile où vous entendez toujours les mêmes âneries: Vous êtes trop petit, vous êtes trop grand, vous avez trop de cheveux ou vous n'en avez pas assez. Je ne connais rien de plus dégradant et déprimant. J'ai décidé de passer au-dessus des castings. Et après? J'ai effectivement eu la chance de pouvoir faire Narco, notamment avec ce merveilleux personnage qu'est votre compatriote Benoît Poelvoorde. Alors ça, c'est un mec d'une dimension incroyable. Grâce à lui, j'ai appris davantage sur le métier d'acteur en réalisant Narco que pendant mes années de Cours Florent!»

Cette expérience n'empêche pas Gilles Lellouche de reprendre son métier de comédien. Détail amusant: un autre acteur, Jonathan Zaccaï, avait été pressenti pour le rôle de Ludo...

«Disons plutôt que Rémy (lisez Bezançon) a hésité un moment entre lui et moi. Le fait que mon concurrent estimait que le personnage de Ludo était trop faire-valoir de Vincent (Elbaz) l'a virtuellement condamné en ma faveur. Mais j'ai fait en sorte que, justement, il n'en aille jamais ainsi. Ce personnage, je le voulais bien vivant et dynamique.»

L'époque où Gilles Lellouche était sans contrat est bien révolue. Désormais, il est très demandé comme acteur. Il vient en effet d'achever le tournage d'un film avec la belle Alexandra Lamy et celui du quatrième long métrage (déjà!) de Guillaume Canet, un thriller intitulé Ne le dis à personne avec François Cluzet, Nathalie Baye, Kristin Scott Thomas, Jean Rochefort, André Dussolier, François Berléand et le réalisateur lui-même. Mais son désir le plus avoué serait de retourner aussi derrière la caméra.

«N'oublions pas que, comme vous l'a dit Rémy, c'est toujours le deuxième film qui est le plus difficile. Alors, je dirais que, pour conjurer le sort, mon rêve actuel serait de réaliser... son prochain scénario!»

Comme mot de la fin, on pouvait difficilement rêver mieux.

© La Dernière Heure 2005