De moins en moins de succès pour le lézard géant dans les salles de cinéma.

Cela commence à sentir le barbecue pour le lézard géant. Autrefois roi des monstres, Godzilla ne rayonne plus autant qu’à l’époque de sa radiation nucléaire et de ses destructions de villes emblématiques comme Tokyo ou New York. À force de parcourir le monde de long en large pour y semer la désolation et affronter d’autres créatures gigantesques, les piles du géant atomique semblent être à plat. À bout de souffle, Godzilla ne parvient plus à faire rêver face aux super-héros tout aussi radiés que lui mais un poil plus causants, amusants et humains.

Ce triste constat (mais est-ce vraiment désolant, finalement ?), le réalisateur Michael Dougherty l’a fait en découvrant les résultats du box-office de son mal nommé Godzilla, King of the Monsters. Même si son blockbuster a décroché la première place sur le marché américain, le résultat est considéré comme décevant. Toutes les prévisions dépassaient allègrement la barre des 50 millions $ de recettes dans les salles yankees, mais finalement, malgré la projection sur 4 108 écrans, seuls 49 millions $ sont tombés dans l’escarcelle de la Warner Bros.

L’écart n’est pas gigantesque : pas de quoi paniquer, pourrait-on se dire. Mais la comparaison avec le Godzilla de 2014 et Kong : Skull Island (auquel il est apparenté) de 2017 apporte un éclairage nettement plus sombre. Pour son ouverture, le premier avait engrangé 93 millions de dollars (soit quasiment 90 % de plus !), le second 61 millions $. La tendance est donc très nette. Le poids des ans a rattrapé les bestioles démesurées, manifestement sur le déclin après avoir traversé les âges.

Même si, grâce au marché asiatique uniquement, Godzilla ne s’écrase pas au niveau international, les 130 millions $ récoltés mondialement risquent de ne pas suffire. Le film en a coûté 200, auxquels s’ajoutent 100 millions de frais de promo. En dessous des 600 millions de recettes, le studio aura perdu de l’argent. Autant dire que Godzilla et ses potes dentés ou griffus sont clairement menacés d’extinction. Va falloir prévenir le WWF. Ou pas.