Harry Potter: premier amour, premier décès

Cinéma

Publié le

Harry Potter: premier amour, premier décès
© D.R.
Harry Potter et la Coupe de feu. Plus noir

BRUXELLES Interdit en Angleterre aux moins de 12 ans non accompagnés d'un adulte, Harry Potter et la Coupe de feu est-il plus effrayant, plus noir que les trois films précédents? Plus terrifiant, non: il y a moins de créatures monstrueuses. Mais plus sombre, assurément. Le monde de l'enfance s'estompe, les personnalités sont moins monolithiques, la jalousie mine les esprits, les ambitions s'affirment, la magie n'est plus utilisée uniquement pour faire le bien. La fantasmagorie tend aussi à s'évaporer au profit du réalisme, avec une scène de mutilation difficilement soutenable et, surtout, un décès violent (une première: celui des parents de Harry n'était pas décrit dans les films) qui risque de perturber les plus petits.

Si Harry Potter et la Coupe de feu n'est pas nécessairement à conseiller aux moins de huit ans, il va par contre fasciner un très large public. Mike Newell l'a en effet conçu comme un film d'action, avec des défis impossibles et des effets spéciaux d'une rare beauté. Face au dragon, aux sirènes ou au labyrinthe enchanté, Harry et les trois champions des écoles de sorcellerie en lutte pour le trophée des Trois Sorciers n'ont pas le temps de reprendre leur souffle. Et nous non plus!

Quant aux périodes de repos, elles sont rarement consacrées aux études. Les coeurs des ados s'emballent les uns après les autres: Ron trouve soudain beaucoup plus de charme à la jeune Française Fleur Delacour qu'à son idole de Quidditch, Viktor Krum... Faut dire que ce dernier a le mauvais goût d'inviter Hermione au bal, et cela ne lui plaît pas du tout. Quant à Harry, c'est la jolie Cho qu'il aurait emmenée danser si elle n'avait déjà accepté d'accompagner Cédric, le champion de Poudlard et rival de Harry (avec Fleur et Viktor) dans le tournoi des Trois Sorciers. Autant d'émotions fortes susceptibles de modifier bien des comportements durant les épreuves.

Comme si cela ne suffisait pas, Lord Voldemort (Ralph Fiennes, impressionnant) ne se contente plus de hanter les cauchemars de Harry, pour revenir en chair et en os, avec l'aide d'acolytes démoniaques. Les jours s'assombrissent pour tout le monde, y compris le nouveau professeur de lutte contre les forces du Mal, Maugrey Fol OEil (Brendan Gleeson, épatant et bourru)...

Plus fin psychologiquement que les trois épisodes précédents, plus spectaculaire, parfois très drôle ou noir, Harry Potter et la Coupe de feu fait passer par toutes les sensations en 2 h 37 d'une aventure moins magique mais plus prenante. En perdant de leur côté lisse, les trois héros deviennent plus humains. Et permettent au récit de quitter les chemins balisés pour s'aventurer sur des terrains plus mouvants. Un changement que les plus jeunes n'apprécieront pas trop, mais qui devrait énormément parler aux adolescents et à leurs parents. P. L.

© La Dernière Heure 2005

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info