Les Bronzés reviennent sur les écrans le 1er février

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PATRICK LAURENT

PARIS Il faut de la patience pour être fan. Vingt-sept ans d'attente pour une suite, fut-elle des Bronzés font du ski, c'est long. Très long. Une éternité même, en termes hollywoodiens. Un record qui n'en a plus que pour deux semaines à vivre: le 1er février, le troisième opus sortira enfin sur nos écrans. Sous l'intitulé Les bronzés 3: amis pour la vie. Un titre destiné notamment à couper court aux rumeurs de dissensions au sein de la joyeuse bande du Splendid. Même si chacun, à demi-mot, reconnaît des failles dans l'amitié, voici plus d'un quart de siècle. «Cette réunion, on n'y pensait pas trop, cela s'est fait naturellement, sans prise de pouvoir comme il y en avait peut-être à la fin, reconnaît d'ailleurs Gérard Jugnot. Ici, on s'amusait des répliques des autres. Dieu sait si on a des rivalités, mais pas là. C'est étonnant. Et comique. On m'a proposé de réaliser le film, mais j'ai refusé. Il fallait un juge de paix extérieur. Sinon, tout aurait été trop compliqué. Surtout pour tourner avec tous ces casse-couilles! (rire)».

Des propos mi-sérieux confirmés par Josiane Balasko, dont la silhouette s'est affinée. «Il n'y a aucune rivalité entre nous. Cela vous étonne, hein? Mais on a des caractères tellement différents... Bien sûr, on peut avoir des préférences, comme dans les grandes familles, mais quand on attaque un membre, tout le groupe est soudé. Cela se remarque à l'écran qu'on s'amuse vraiment.»«Cela me gonfle ces questions sur les répliques apportées par chacun, poursuit Marie-Anne Chazel, toute pimpante. C'est tout l'inverse de notre travail de groupe, de troupe. L'un donne une idée, un autre la reprend, un troisième la modifie et un quatrième l'élimine peut-être. Malgré les gens connus que nous sommes devenus, nous nous donnions des conseils: on s'est retrouvé exactement comme voici 25 ans. Il n'y a pas d'ego chez nous. Si quelqu'un lève le nez, il se fait allumer par tous les autres!»

Complices, ils le sont manifestement toujours: il suffit de les voir se balancer des vannes à travers le prestigieux Fouquet's pour s'en convaincre. «Christian avait convaincu Gérard de nous réunir tous dans Astérix 3. Nous étions tellement déçus que le projet soit abandonné que nous avons décidé de faire notre propre film. Au départ, on ne voulait pas faire une suite: cela nous semblait ennuyeux. Mais, petit à petit, l'idée s'est imposée. On voulait se moquer de la connerie, et ces personnages-là sont de leur temps, contrairement à la bande du Père Noël est une ordure, qu'on avait aussi envisagé de faire revenir.» Propos recueillis par P. L.

© La Dernière Heure 2006