'J'ai beaucoup d'admiration pour mon père'

Cinéma

Propos recueillis par P. L.

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<i>'J'ai beaucoup d'admiration pour mon père'</i>
© Columbia
Vincent Cassel rend hommage à son papa, son partenaire à l'écran

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PATRICK LAURENT

PARIS Sans Vincent Cassel, le film de Mathieu Kassovitz se serait sans doute moins éloigné du roman de Jean-Christophe Grangé. Mais voilà: le réalisateur lui avait demandé d'apporter sa propre personnalité à l'écran, et il ne s'est pas fait prier pour passer à la pratique. `C'est simple: Mathieu m'a proposé d'être moi-même, de ne pas jouer un personnage de composition. C'était indispensable: le langage parlé est différent de l'écrit. Il fallait apporter des intonations qui n'existaient pas dans le livre. Tous les matins, les dialogues ou le scénario changeaient. A tel point qu'un jour j'ai perdu mon script, celui sur lequel je notais toutes mes réflexions. Chaque fois que Mathieu me demandait de me tenir au texte, je lui répliquais: Mais quel texte? Et maintenant, Mathieu et Jean-Christophe affirment que c'est moi qui ai apporté l'humour dans le film: ils sont forts, très forts...´ (rires)

Une fois de plus, votre rôle est très physique...
'J'adore ça. J'aurais pu être professeur de gymnastique ou danseur. C'est naturel chez moi de travailler avec le corps. On ne le fait pas assez en France. On reste trop figé. Alors que les gestes, les attitudes, trahissent souvent la personnalité d'un personnage.'

Jean Reno joue dans un registre différent...
'On a raison de le comparer à Lino Ventura: il possède la même force, le même charisme. Il est vraiment très impressionnant. Avec lui, il se passe toujours quelque chose. Même lors des scènes les plus banales. C'est un grand. Qui me faisait parfois oublier de jouer: je le regardais...'

Qu'est-ce que cela vous a fait de voir votre père crucifié?
'Tout le monde me disait de ne pas aller voir ça, mais j'y tenais absolument. C'était amusant: je pouvais tout lui dire, tout lui faire, et il ne pouvait même pas bouger J'ai beaucoup d'admiration pour lui. Quand je le regarde dans ses premiers films, ou sur scène, en train de danser, puis que je vois mes frères et soeurs évoluer, je comprends tout ce qu'on lui doit. Grâce à lui, une partie de l'apprentissage s'est effectuée naturellement, sans qu'on s'en rende compte. Simplement parce qu'on a intégré son travail.'

Est-ce que vous tournerez encore avec Mathieu Kassovitz ?
'Certainement. Nous possédons la même conception du cinéma. Il fait partie de ces rares cinéastes qui veulent faire bouger les choses, apporter du sang neuf. Il ne passe pas son temps, comme dans tant de films, à tout expliquer ce qu'il vient de montrer. Je déteste ce type de bavardages inutiles. Et avec lui, je suis servi.'

Divertir, oui mais...

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