Sur papier, Jack le chasseur de géants possédait un nombre d’atouts impressionnants, bien supérieur à ce dont peut habituellement rêver un producteur hollywoodien. À commencer par un réalisateur à succès, Bryan Singer, qui avait réussi à populariser les X-Men après le triomphe de The Usual Suspects. Pour moderniser le conte britannique publié pour la première fois en 1734, il pouvait compter sur l’aide de Mark Bomback (Die Hard 4), Darren Lemke (Shrek 4, il était une fin) et Christopher McQuarrie (The Usual Suspects). Mais aussi sur une toute nouvelle caméra 3D, destinée à mieux restituer la lumière naturelle. Enfin, il pouvait compter sur un casting haut de gamme : Eleanor Tomlinson (Alice au pays des merveilles de Tim Burton), Nicolas Hoult (X-Men), Ewan McGregor (Star Wars), Stanley Tucci (Hunger Games) ou Ian McShane (Pirates des Caraïbes).

Cerise sur le gâteau, il a pu tourner dans la Forêt de Dean, celle-là même qui inspira J.R.R. Tolkien pour Le Hobbit et où fut tournée une partie de Harry Potter et les reliques de la mort – Partie 1. “Je voulais que ces mondes, bien que stylisés, soient tous deux ancrés dans la réalité, et du coup, je me suis servi de ces endroits qui avaient déjà beaucoup à offrir d’un point de vue esthétique et historique, a expliqué le cinéaste. Nous avons toujours essayé de nous appuyer sur des espaces naturels qui existaient vraiment.” Et pour présenter des géants totalement différents de tous ceux vus auparavant sur les grands écrans, il a fait appel à des spécialistes de la “motion capture”.

Autant dire qu’en dépit des retards pris principalement en raison de la technologie 3D, le studio Warner Bros. était très confiant au moment de sortir le film en salle, le 1er mars 2013. Mais il dut vite déchanter. En dépit des apports historiques et d’une critique globalement positive, le public ne se montre pas enthousiaste. Pas suffisamment, en tout cas, pour un film d’un budget de 200 millions de dollars, hors frais de promotion. Au final, il ne rapporte que 197 millions de dollars au box-office mondial, laissant un trou de 105 millions pour le studio. Loin des 200 millions de pertes de John Carter, 190 millions de Lone Ranger, 153 millions de King Arthur, 150 millions de Battleship, 133 millions de Dark Phoenix ou 130 millions de Terminator : Dark Fate, mais quand même, c’est le genre de flop qui laisse des traces. La preuve : depuis, plus personne n’a adapté ce conte, qui avait déjà servi de base à une vingtaine de films jusque-là.