“Je passe ma vie en enfance”

Cinéma

Propos recueillis par Isabelle Monnart

Publié le

Jean-Paul Rouve songe à réaliser son premier film

BRUXELLES Quand il était petit, ses parents lui proposaient de partir à la colo, comme tous ses petits camarades. Mais, tête de bois, Jean-Paul Rouve ne voulait rien savoir. “Je n’aimais pas ça et aujourd’hui, je regrette”, dit-il en attaquant un gros sandwich au jambon cru. “Sur ce tournage, je voyais les gamins entre eux et je me suis dit que c’était vachement bien pour les enfants parce que, tout simplement, ça permet d’être loin des parents et de t’ouvrir.”

A défaut, c’est plus tard, quand il partait en vacances avec sa bande de copains du lycée que l’acteur s’est créé ses plus jolis souvenirs. “C’était même pas pour les cons. On vivait juste de belles choses…” Une ambiance qu’il a retrouvée sur le tournage de Nos jours heureux, dans lequel il campe un directeur de colo un peu débordé mais que cet été va changer à jamais.

Tu as dû retomber en enfance pour être dans le bain ?
“Non, ça va. En fait, je suis acteur et je passe ma vie à retomber en enfance. On me demande de me déguiser et de faire semblant…”

C’était acquis à la fin du tournage précédent que tu ferais le nouveau film d’Eric et Olivier ?
“Pas du tout. Ils m’ont fait lire le scénario en me demandant de donner mon avis. Mais je me trouvais trop vieux pour le rôle. J’avais peur d’être ridicule.”

C’est un truc qui peut te retenir : la peur du ridicule ?
“Oui ! Faut faire attention, quand même. Surtout sur l’âge.”

Ça t’a donné envie de faire des enfants, du coup ?
“Oui, mais j’avais déjà envie avant. Ils me font trop marrer les gosses. J’avais déjà tourné avec des enfants dans Monsieur Batignole, Moi César, Le temps des porte-plume… “

Tu as beaucoup tourné en peu de temps. C’est un hasard ? De belles choses arrivées en même temps ?
“Oui, c’est pas plus compliqué que ça ! Et puis, c’est mon travail. Je n’ai pas besoin de longues périodes pour me ressourcer. C’est un rythme qui me convient.”

Tu as pu en parler avec Gérard Depardieu sur le tournage de Je préfère qu’on reste amis ?
“Oui ! Et lui, ça fait 25 ans que ça dure. Ce mec fonctionne à l’envie. Il préfère ça qu’être chez lui à s’emmerder.”

Tu te vois, comme lui, dans 25 ans, avoir cette énergie-là ?
“Oh là, je ne sais pas. Lui, c’est un cas unique au monde… Il y a Gérard Depardieu et les autres acteurs.”
Tu n’as pas peur, parfois, d’être trop présent ?
“Je ne suis pas là tout le temps, quand même … Mais tu as raison, il faut faire attention à ça. Ce que j’essaie de faire, c’est de varier vraiment les genres. Mon plus grand luxe, aujourd’hui, c’est de pouvoir choisir. C’est une aubaine pour un acteur. Je n’ai jamais regretté d’avoir refusé un rôle en voyant le film ensuite.”

De la bande des Robin des bois, tu es celui qui tourne le plus. Ça veut dire moins de projets en commun…
“Oui, mais ils ont fait de belles cho ses de leur côté. Regarde les films de Pef et de Maurice…”

Et toi, tu as envie de réaliser ?
“Oui ! Je viens de finir l’écriture d’un scénario sur lequel je vais retravailler cet été. J’aimerais tourner l’année prochaine. J’ai beaucoup regardé comme ça se passe sur les plateaux, j’ai lié des contacts, je me suis fait mon petit monde.”

Il y a quelque chose de très sensible, dans ce film, qui le rend touchant. Ça se sentait à la lecture ?
“Oui. Mais pour autant, tu ne peux jamais être sûr que ça passera dans le film. Ça s’appelle la grâce. C’est quand j’ai vu le film pour la première fois en public que j’en ai pris conscience.”

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