En évoquant la filmographie de Jean-Paul Belmondo, s’il est bien un titre qui vient tout de suite à l’esprit, c’est Le Magnifique. Tant en raison de la drôlerie autoparodique dont il fait preuve à l’écran qu’en raison d’un qualificatif qui colle à merveille à sa personnalité. Jean-Paul Belmondo n’a pas été par hasard pendant des décennies l’acteur le plus populaire du cinéma français. Tout, dans sa manière de jouer ou d’être, était éblouissant.

À l’écran, il se dégage de ses prestations un enthousiasme jovial, qui atteint des sommets dans le film de Philippe de Broca. Pourtant, le tournage ne s’assimila pas à une partie de plaisir en 1973. Dès les premiers jours, Bébel rate une marche et se blesse à la cheville. Ensuite, comme l’expliquait le cinéaste lui-même, les ennuis n’ont fait que perdurer :“On tournait à Acapulco en saison sèche, avec des palmiers avachis, ce n’était pas beau. En plus, le labo mexicain a bousillé le négatif de ce qu’on avait déjà tourné. Le producteur a tout arrêté et a envoyé tout le monde à la plage ! On a ensuite tout repris à zéro ailleurs, à Puerto Vallarta.”

Belmondo, lui, se rappelle surtout les grandes parties de rigolade : “On a beaucoup ri ensemble, beaucoup déliré, parce que pour nous, tout était alors prétexte à faire des farces. On adorait ça tous les deux.”

Ce que confirme Jacqueline Bisset, dans une interview au Figaro : “Je me souviens, bien sûr, de Jean-Paul qui est à la fois un partenaire de tournage formidable et aussi un joyeux compagnon dans la vie. C’est un être délié, toujours drôle, qui sait décontracter tout le monde sur un plateau. Et moi, en particulier qui avais peur, à tort ou à raison, de jouer en français. […] c’était une joie de jouer en France avec Belmondo, pour de Philippe de Broca quelques petits mois après un autre grand souvenir, La Nuit américaine de François Truffaut. Mais je le répète même si je parle le français, au fond de moi-même, j’ai l’impression de ne pas toujours maîtriser toutes ses finesses et c’est pourquoi j’étais très sérieuse sur le plateau. Évidemment, ça formait un contraste avec Jean-Paul qui ne cessait de faire des facéties. Mais, je dois l’avouer, avec Philippe de Broca, qui a été un merveilleux guide, l’atmosphère qu’ils ont su créer a certainement participé de la réussite du film.”

Une comédie qu’on revoit avec toujours autant de plaisir.