Accompagné d’Annie Cordy, Jean-Paul Rouve présentait son dernier film à Namur samedi

Ce n’est pas en qualité de comédien - encore qu’il se soit donné un petit rôle - mais avec la casquette de réalisateur que l’ex Robin des Bois Jean-Paul Rouve avait fait le déplacement à Namur hier. Il y présentait "Les Souvenirs" au festival international du film francophone.

Stressé à quelques heures de cette avant-première ?

"Oui. Avide de connaître la réaction du public car le film n’a encore été montré qu’une fois à Angoulême. Contrairement à ce qu’on peut penser, même si je mets en scène une vieille dame que ses fils mettent en maison de retraite, ce n’est pas le propos du film. Je m’intéresse aux gens qui ne sont pas à leur place."

Cette grand-mère, c’est Annie Cordy que vous avez rendue méconnaissable !

"Elle a tout accepté. Je lui ai dit qu’elle devait faire son âge, pas 15 ans de moins comme dans la vie, qu’elle ne porterait pas de maquillage et certainement pas ses jolis ongles. C’est difficile pour une femme d’être filmée comme ça quel que soit son âge. Elle s’y est volontiers pliée."

Pas évident de faire jouer une mamy éteinte pour un tempérament pareil…

"Disons qu’on devait lui demander de se voûter alors qu’elle se tient très droite dans la vie et de ralentir le pas alors qu’elle marche d’un pas énergique. C’est un vrai rôle de composition pour une grande actrice."

Et vous, vous auriez pris le rôle de son petit-fils si vous aviez eu vingt ans de moins ?

"Bien sûr ! Mais avec 20 ans de plus, j’aurais pris le rôle de son fils joué par Michel Blanc. Et si j’avais été une femme, j’aurais interprété celui de Chantal Lauby. Même si ce n’est pas autobiographique, je mets beaucoup de moi dans les personnages. Lorsque je suis juste comédien dans un film et que je me pose des questions sur ce que je dois jouer, je regarde le réalisateur car je dois lui ressembler d’une certaine manière. C’est un truc que j’ai appris."

Vous sentez-vous assis entre deux chaises au cinéma ?

"Non, cela me plaît de figurer dans des comédies populaires comme Les Tuche d’un côté et de jouer sur les non-dits dans les films que je dirige de l’autre. Ce qui m’importe, c’est la sincérité. Par contre, j’ai plus de mal à financer des films qui ne sont pas de franches comédies car ceux qui décident ne savent pas toujours lire entre les lignes…"