L’homme parle vite et sait précisément ce qu’il fait malgré tout. En enchaînant les rôles, il a pu, au prix d’un grand écart, campé des personnages haut en couleurs. Jusqu’à Zuckerberg, le fondateur du réseau social le plus convoité au monde.

On vous a découvert avec The Social Network de David Fincher. Avec le recul, étais ce évident d’incarner un homme toujours vivant ?  Qui plus quelqu’un d’aussi connu que Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook ?  

"Je ne suis pas sûr que Mark Zuckerberg soit connu par Monsieur et Madame Tout le monde. Par contre, sa création, son invention, Facebook est "parlante" pour des millions de personnes à travers le monde. Quoi que vous fassiez, où que vous alliez, ce réseau communautaire est devenu un référent universel. Ce qui est encore plus surprenant avec cette invention c’est qu’elle a révolutionné profondément - et en à peine six ans ! - notre manière de communiquer, de sociabiliser, notre façon de garder le contact avec les individus que nous aimons ou que nous souhaitons mieux connaître. Certains se demandent d’ailleurs comment ils ont pu s’en passer ! (Rires)   Le vrai génie de Zuckerberg, c’est d’avoir créé une dépendance chez des centaines de millions de personnes à travers le monde. Des hommes, des femmes, des gens de tous âges, de toutes cultures, de toutes couleurs etc."  

Le slogan du film, c’était : On ne se fait pas 500 millions d’amis sans s’attirer quelques ennemis. Vous adhérez toujours ?  

"Vous aurez toujours des gens qui encenseront Facebook et d’autres qui trouveront que Zuckerberg est un génie démoniaque. On aura beau l’accuser de tous les maux, au final, ce nabab du net ne laisse personne indifférent. Pour ma part, j’ai essayé de ne pas le trahir. Sans pour autant devenir son clone sur grand écran, j’ai téléchargé sur mon iPod pratiquement toutes ses apparitions publiques. L’objectif n’était pas de choper sa façon de parler, ses intonations, ses tics de langage ou ses expressions mais son esprit ! Car quoi qu’on en dise ce type est doté d’un cerveau d’une efficacité redoutable. L’un des plus fulgurant du XXIe siècle !"  

On vous a vu cet été dans Insaisissables et là, vous ne jouiez pas avec des algorithmes mais des cartes. Les spectateurs qui voient vos films en français ne le savent peut-être pas mais vous êtes connu aux Etats-Unis pour être un acteur qui parle très vite. Lorsque le réalisateur français Louis Leterrier vous a proposé d’incarner un magicien vous avez cogité aussi vite ?  

"Je vais vous raconter une anecdote. J’étais en train de jouer une pièce de théâtre à New York quand j’ai reçu le script d’ Insaisissables . Louis Leterrier me demandait d’interpréter un magicien, très confiant dans son art, voire suffisant. Un mec avec un ego surdimensionné quoi ! J’ai trouvé cela amusant car au même moment je devais me produire chaque soir, pour de vrai, devant 200 personnes. Et chaque soir, l’angoisse me nouait à un point inimaginable ! J.Daniel Atlas est, je vous le confirme, un vrai rôle de composition. Un réel grand écart artistique. D’un côté vous avez Jesse Eisenberg, un acteur qui flippe à chaque fois qu’il monte sur une scène et de l’autre : Atlas, un magicien qui ne doute de rien et qui n’a pas froid aux yeux !" (Rires) Vous pouvez nous le dire maintenant…

Vous seriez capable de voler pour une bonne cause ?

"Oui ! Mais avant de passer à l’acte, il faudrait que l’on m’explique aussi les risques encourus si je me fais attraper ! (Rires) Je ne suis pas quelqu’un qui part sur un coup de tête. Il faut toujours que je mesure le pour et le contre !"