Joey Starr n'a éludé aucune question au festival du film d'amour de Mons

MONS Grosse effervescence ce week-end au festival du film d'amour de Mons, pour la venue de Joey Starr, tête d'affiche de l'excellent Bal des actrices.

La raison de cette tension : la condamnation, vendredi, du chanteur à trois mois de prison ferme pour violence conjugale. Un garde du corps (impressionnant, c'est sûr) serait même là pour expulser tous les journalistes qui auraient le malheur d'énerver l'acteur-chanteur en posant des questions sur sa condamnation.

Du pipeau ! Même lorsqu'il titille une flasque qui ne contient manifestement pas du jus de pomme, Joey Starr n'élude aucun sujet. Et reste amical.

"Ce n'est pas moi qui interdis les questions. Je n'ai jamais recherché la complaisance. Je ne vis pas dans l'œil de l'autre. Je n'ai pas peur. Tu peux la poser ta question. J'ai l'habitude de ça. Tu as vu Nadal jouer ? Je vais te mettre un de ces retours et puis on passe à autre chose. Mais fais gaffe, pose-la bien..."

Aucune menace dans sa voix. Seulement de l'amusement. "Si ça parasite le film, c'est que les gens de bonne morale - les plus dangereux pour moi - le pensent. Je reste l'enfoiré que vous avez envie de voir en moi. Je m'en fous."

Puis, il baisse sa garde : "Je ne suis pas blasé. Aller au tribunal à guichets fermés, faire l'étalage de tout ça, c'est dur... Ce sont mes enfants, la mère de mes enfants, ça me gonfle comme ça gonflerait n'importe qui. Je suis blindé, je prends sur moi en pensant à ma mère, mes frères, ma famille. J'ai dit à mes amis d'arrêter de se prendre la tête, parce qu'on parle mal de moi. Écoutez et dites-moi. Ça me fait rire. Et je sais à qui j'ai affaire. "

Relax, Joey Starr étonne. Par une philosophie qu'on n'attendait pas plus que son côté touchant. "Qu'est-ce que vous connaissez de moi ? Les faits divers ? Le relais d'une certaine presse ? Combien prennent la peine de lire le livret de mes albums ? On est assez altruiste, dans NTM..."

Et fort différent de sa réputation. "C'est trop facile d'être général. J'ai une vie, deux garçons que je ne vois pas assez, mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Je cuisine le matin. J'adore boire et manger. Mon emploi du temps professionnel ne commence qu'à treize heures. "

Et de conclure, avec une de ces petites phrases dont il raffole : "Le bad boy est protecteur. Il n'est pas que déserteur."



© La Dernière Heure 2009