Volt est le premier Disney produit par le créateur de Toy Story, John Lasseter

Envoyé spécial en France Frédéric Seront

MARNE-LA-VALLÉE Avec sa chemise hawaïenne (où les fleurs sont remplacées par les héros de Volt ), John Lasseter garde cette allure d'éternel grand enfant. Et pourtant, il porte sur ses épaules le poids de deux des plus grands studios d'animation au monde. Directeur de Pixar (où il a réalisé Toy Story, 1001 pattes et Cars ), John Lasseter est aussi depuis trois ans le directeur créatif des studios Disney. Volt est le premier projet entièrement réalisé sous sa supervision.

Lorsque vous êtes arrivé chez Disney, le projet de Volt existait déjà, mais il paraît que vous avez tout recommencé à zéro...

"Effectivement. Le projet s'appelait American Dog, mais il n'exploitait pas à mes yeux le potentiel de l'histoire. J'ai nommé deux nouveaux réalisateurs et on a tout recommencé. Je leur ai confié la mission d'en faire un grand film."

Qu'est-ce que vous n'aimiez pas dans la première version ?

"L'aspect émotionnel n'était pas bien exploité. La seule chose qu'on a gardée, c'est l'idée d'un chien qui est le héros d'une série télé et qui pense que c'est la réalité. Mais on a changé tout le reste."

Comment expliquez-vous qu'il y ait autant de chiens dans les dessins animés Disney ?

"Les chiens font partie de notre vie et il y a quelque chose d'unique chez eux : leur amour inconditionnel pour leur maître. C'est de ça dont parle Vol t, avec ce chien qui est entièrement mû par son désir de retrouver sa maîtresse. Il découvre que toute sa vie est fausse mais il sait que cet amour-là est vrai."

Depuis le rachat de Pixar par Disney, vous êtes désormais le directeur créatif des deux studios. Comment faites-vous pour que chacun garde son identité ?

"Quand je suis arrivé chez Disney, il était clair qu'il s'agissait de deux studios. On ne devait pas les fusionner. Ensuite, un studio, ce sont les gens qui y travaillent. C'est ce qui fait que Pixar et Disney seront toujours différents. Les deux studios ont leur propre héritage."

Vous avez quand même apporté des méthodes de travail que vous appliquiez chez Pixar...

"C'est vrai, la chose que j'ai amenée chez Disney, c'est d'en faire à nouveau un studio mené par des réalisateurs, des créatifs. Les idées doivent venir d'eux, alors que Disney était devenu un studio dirigé par des exécutifs, des financiers. Les réalisateurs ne se demandaient plus comment faire un bon film, mais comment répondre aux demandes de la hiérarchie. Disney avait tourné le dos à son passé."

Ce changement a été facile ?

"Il a fallu une année pour l'intégrer. Mais je crois qu'on voit le résultat aujourd'hui avec Volt. Ce film est drôle, émouvant, distrayant. C'est la marque d'un film où tous les esprits créatifs se sont réunis, se sont dit en toute franchise ce qui marchait ou pas avec pour seul but de faire le meilleur film possible. Mais, en travaillant ainsi, on ne fait qu'appliquer ce que Walt Disney faisait de son vivant. Je suis très fier de cet héritage."



© La Dernière Heure 2009