Jurassic World Dominion : les dinos sont spectaculaires, mais que d'incohérences dans le récit 

Cela sent l’extinction pour les dinos de Jurassic World. Et personne ne s’en plaindra, tant ce dernier volet de la saga pèche par ses incohérences et son absence d’effets de surprise.

Quatre ans après les dramatiques événements sur Isla Nublar, les animaux préhistoriques ont conquis toute la planète et font désormais partie du quotidien de l’humanité. Bien sûr, la cohabitation avec les carnivores n’est pas sans risque, mais les scientifiques sont convaincus de trouver des remèdes pour bien des maladies humaines grâce aux dinosaures.

Dans l’ensemble, cela se passe plutôt bien. Les raptors préfèrent le goût du lapin à celui des humains, personne ne semble se soucier de la présence des ptérodactyles et les brontosaures traversent les scieries tranquillement, sans rien renverser. Le plus gros problème, finalement, vient de sauterelles géantes, qui pourraient dévorer toute la production agricole en quelques mois si elles continuent de proliférer un à un tel rythme.


Pour faire plaisir aux nostalgiques, Colin Trevorrow fait revenir le trio original de Jurassic Park, à savoir la paléobotaniste Ellie Sattler (Laura Dern), le paléontologue Alan Grant (Sam Neill) et le chantre de la théorie du chaos, le Dr Ian Malcolm (Jeff Goldblum). A charge pour eux de mener l’enquête sur les agissements de la société BioSyn, dirigée par Lewis Dodgson, une sorte de Steve Jobs de la génétique. Mais, histoire qu’on reste dans l’univers de Jurassic World, une intrigue parallèle amène Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) et Owen Grady (Chris Pratt) à remuer ciel et terre pour retrouver leur fille adoptive, Maisie, enlevée en même temps qu’un bébé raptor par des trafiquants de bêtes sauvages.

Sans dévoiler les (rares) ressorts de l’intrigue, jamais on ne frissonne pour les héros, pourtant confrontés aux pires créatures tueuses de l’univers : il suffit de faire le signe stop de la main et les tueurs aux dents acérées s’arrêtent systématiquement. Les effets spéciaux sont très beaux, les bestioles d’une sauvagerie et d’une endurance impressionnantes, mais les ficelles du scénario sont tellement énormes et les sauvetages tellement peu crédibles qu’on suit ça d’un œil distrait. Pire, très régulièrement, l’évolution de l’histoire défie toute logique et verse dans le grand n’importe quoi.

Il faut donc se contenter d’affrontements entre un T-Rex et un Giganotosaurus, par exemple, du retour d’un dilophosaurus (plutôt mignon tant que sa collerette ne s’ouvre pas) ou de l’apparition de monstres recouverts de plumes apparemment invincibles mais qui ont tous la gentillesse de rester dans les Dolomites. De ce côté-là, le spectacle est garanti, même s’il n’est plus aussi magique que lors du premier Jurassic Park de Steven Spielberg, en 1993. Mais pour le reste, cela sent le réchauffé et l’absence d’idées, le tout englué dans un message humaniste du plus haut ridicule, sur le vivre-ensemble entre humains et dinosaures. Ce n’est pas les dinos qu’il fallait ressusciter, mais un vrai scénariste.

Champagne : une comédie française qui ne pétille pas 

Spécialiste des films documentaires ou des fictions très axées sur la nature (Belle et Sébastien, Poly, Donne-moi des ailes), Nicolas Vanier tente l’aventure d’un tout nouveau registre, la comédie. Par son versant le plus compliqué : le film de potes. Un genre pour lequel il faut trouver un savant équilibre entre les bons mots, l’émotion, le récit et la place réservé à chacun, sous peine de tomber dans la pantalonnade balourde.

Malheureusement, il ne parvient jamais à se dépêtrer du piège, avec des personnages trop emblématiques (le riche qui prend les autres de haut, l’ami blessé qui en devient cynique, le gentil qui finit par se rebeller, la lesbienne volage, le clan qui s’oppose à une nouvelle venue multipliant gaffe sur gaffe), une intrigue faiblarde (les meilleurs amis du monde se réunissent un week-end en Champagne et la venue d’une nouvelle conquête fait sortir tous les secrets et ressentiments enfouis depuis longtemps), des dialogues qui sonnent faux et un casting (Elsa Zylberstein, Sylvie Testud, Stéphane De Groodt, François-Xavier Demaison, Eric Elmosnino) amené à surjouer trop souvent. Pendant que tout se beau monde boit des petites coupes, c’est le spectateur qui trinque : ce Champagne ne pétille jamais. Mais mérite assurément une bulle.