Il a présenté ce mardi à Bruxelles son " film du changement".

Quand Kev Adams est à Bruxelles, cela se voit. Et, surtout, s’entend. Les dizaines d’adolescentes surexcitées qui attendaient, posters et photos des Nouvelles aventures d’Aladin (en salle le 14 octobre) en main, sa sortie d’hôtel aux abords de la Grand-Place se rapprochaient plus du kop de foot que du club de gentlemen aphones. Et toutes n’avaient qu’un seul vœu à demander au génie de la lampe : rencontrer sur-le-champ leur idole.

Trop occupée, quelques mètres plus haut, à expliquer son évolution grâce à Aladin. L’ado en plein apprentissage qui multiplie les blagues potaches cède désormais la place à un homme d’action prêt à croiser le sabre avec le grand vizir Jean-Paul Rouve dont les dialogues feraient pâlir d’envie Dark Vador lui-même. "On peut dire que c’est le film du changement, lance le comédien de 24 ans toujours aussi décontracté. Même si changement est un grand mot : je reste dans un registre assez similaire de la comédie pour toute la famille. Mais c’était effectivement un rôle très différent pour moi."

Et pour cause : il ne se contente pas de donner une raclée aux soldats du sultan ou de séduire sa fille, la princesse Shallia (Vanessa Guide), mais il chante, et danse comme aucun autre rappeur du XIe siècle quand il n’effectue pas un saut en chute libre depuis son tapis volant… "C’était une vraie volonté de ma part de changer de registre, mais pas en forçant les choses. Il fallait montrer que je ne suis plus un ado. Ce projet tombait à pic : c’était le bon pont entre l’univers teen-ager, auquel j’ai longtemps appartenu - et que je défends encore aujourd’hui -, et celui de la comédie avec ce personnage qui aime l’action et les bons mots, mène le récit et, surtout, n’a pas d’âge. Un acteur de 30 ou 35 ans aurait pu jouer Aladin. On croit ce qu’on voit dans ce genre de conte. Cela m’a plu : on croit tout de suite que je suis Aladin sans se dire que c’est un ado."

Faut dire que le séducteur de Bagdad particulièrement débrouillard et à l’esprit aiguisé lui ressemble pas mal. "Si je trouvais une lampe magique, là, maintenant, sur la Grand-Place de Bruxelles, je peux vous dire que je négocierais aussi avec le génie pour avoir plus de trois vœux !"

Sans garantie de résultat : nous lui en avons juste laissé trois et il n’a pas bronché. "J’aime bien cette histoire drôle pour mes trois vœux. Sur une île déserte, un génie sortant d’une noix de coco accorde un vœu à trois types coincés depuis 7 ans. Le premier dit : Je n’en peux plus, je veux retrouver ma femme et mes enfants. Accordé. Le deuxième dit : J’aimerais retourner dans mon club de foot dans la Meuse. Accordé. Et le troisième dit : Moi, je n’ai pas grand-chose là-bas, j’aimerais bien que mes potes reviennent. Accordé ! (Rire.) Pourquoi je raconte cette histoire ? Parce que c’est bien de se battre dans la vie. On peut s’en sortir sans vœu. Et atteindre ses objectifs par le travail, sans frotter une lampe."

C’est sûr, c’en est bien fini du potache glandouilleur…