La vie de Sylvia Kristel fut une succession d’échecs douloureux


AMSTERDAM Dès qu’elle s’est rhabillée devant les caméras, Sylvia Kristel n’a plus intéressé personne. J’étais un trophée, un must fuck , nous expliquait-elle en 2006, dans son franglais imagé, pour la sortie de sa biographie, Nue . Les spectateurs voulaient me voir nue, et pas autrement .”

Elle tente de casser son image en 1979, avec Alain Delon dans Concorde : Airport 79 , mais en vain. Entre eux, le courant n’est d’ailleurs pas bien passé. Notre rencontre n’a pas été normale. Mais Alain Delon n’est pas quelqu’un de normal non plus. J’étais très nerveuse. J’ai bu quelques coups pour me détendre. C’était bizarre de devoir répéter nos dialogues dans sa suite, et comme je ne savais pas comment me comporter, et qu’il était vraiment très beau, je me suis déshabillée devant lui. Cela ne se faisait pas, évidemment. Il m’a demandé de lui faire couler un bain. Il est arrivé torse nu, avec juste une serviette autour de la taille. Je ne savais pas ce qui allait se passer. Il a un regard tellement intense, comme Isabelle Adjani. Il m’a juste demandé de partir et de me rhabiller. C’était un peu spécial.”

Tout comme sa relation houleuse avec Hugo Claus ou ses deux maris, Alan Turner et Philippe Blot. L’un lui a fait connaître la déchéance : C’est mon ex-mari, un acteur que j’ai appelé Ben dans le livre pour ne pas lui nuire, parce qu’il est clean, qu’il ne boit plus ni ne sniffe depuis 20 ans, qui m’a initiée aux alcools durs et aux drogues. Je l’ai plaqué parce qu’il était trop violent .”

L’autre l’a endettée à vie. J’ai signé un prêt en 1989 et, à l’époque, mon français n’était pas si génial que ça. Je crois que mon époux me droguait aussi. Toujours est-il que j’ai signé des papiers en pensant que c’était un contrat de cinéma, avec des investisseurs. Mes avocats m’ont dit que je suis tenue de rembourser jusqu’à ma mort. C’est fait pour une personne, mais pas pour la deuxième. Les huissiers me tombent toujours dessus dès que je gagne un peu d’argent, et pas sur mon mari, parce qu’il est facile de savoir où je suis, alors que lui, il brouille les pistes : c’est un escroc, il est doué pour ça. C’est à cause de ça que j’ai perdu ma maison en Hollande. Et tout ce que j’avais. Comment est-ce que je pourrais m’en sortir ? Quand je fais deux pas en avant, j’en fais quatre en arrière. Cela me décourage.”

D’elle, on n’a retenu que ces trois chiffres 85B-58-85. Ses mensurations. Elle avait pourtant un QI de 164.

© La Dernière Heure 2012