Innocence. Tourné en Belgique

BRUXELLES Deuxième long métrage de Lucile Hadzihalilovic -dix ans après La bouche de Jean-Pierre, inédit chez nous -, Innocence a remporté le prix du meilleur premier film au festival de Saint-Sébastien. En fait, ce qui surprend dès le premier coup d'oeil, dans cet ouvrage, c'est son côté old fashion. Normal, évidemment, si on sait que le scénario est tiré d'une nouvelle d'un dramaturge allemand - Frank Wedekind - publiée en... 1888. L'adaptation a restitué l'histoire dans les années soixante.

On y évoque l'existence d'une sorte d'internat perdu dans la forêt, où les jeunes filles reçoivent une éducation exclusivement centrée sur les sciences naturelles et... la danse. La hiérarchie y est clairement établie, puisque les plus jeunes sont prises en charge par les aînées. Il n'y existe aucun contact avec le monde extérieur sauf une fois par an, lorsque la grande directrice vient elle-même sélectionner deux élues pour aller plus loin, en fait on ne sait réellement où...

L'ambiance générale d' Innocence rappelle ces vieux films qui évoquaient l'enseignement d'autrefois, du genre Les disparus de Saint-Agil ou Jeunes filles en uniforme. Mieux: le jeu des deux comédiennes adultes incarnant les enseignantes - Marion Cotillard et Hélène de Fougerolles - évoque également le cinéma d'antan, le principal hommage à celui-ci résultant dans la présence au générique de Corinne Marchand, lointaine héroïne du fameux Cléo de cinq à sept réalisé par la Bruxelloise Agnès Varda en... 1962.

Voilà donc une curiosité d'autant plus amusante qu'elle a été entièrement tournée en Belgique. En matière de dépaysement cinématographique, pourtant, on peut parler d'une sorte de must. Tout étant relatif, bien entendu.

Les salles et horaires du film

© La Dernière Heure 2005