Bienvenue sous le soleil d'Agadir: son Club Med, ses muslins et... son festival de cinéma. Ce n'est pas anodin si sa colline « hollywoodienne » affiche les lettres de son coeur: Dieu, la patrie et le roi. Car le Maroc, ce n'est pas que couscous, bakchich ou narguilé. C'est aussi et surtout une nation du cinéma. A commencer par le Festival de Marrakech (qui se tiendra du 29 novembre au 7 décembre), celui de Tanger et depuis dix ans, le Festival Cinéma & Migrations d'Agadir, qui se tient cette année du 5 au 9 novembre. «C'est devenu un rendez-vous incontournable des artistes marocains et étrangers qui sont intéressés par le thème de la migration explique Mohamed Irgui, le secrétaire général du festival. Car l'immigration est un phénomène humain et social au Maroc. Et que la ville d'Agadir, surtout, est exportatrice de migrants ». En effet, selon les statistiques de la fondation Hassan II pour les marocains résidents à l'étranger, plus de 4 millions de Marocains et/ou d'origine marocaine vivent à l'étranger en 2013. De ce fait, près de 10% de la population marocaine, estimée à 34 millions d'habitants en 2008 est installée complètement à l'étranger. Avec des films (pour la première fois en compétition) comme La désintégration (avec Raschid -le frère de Jamel- Debbouze), La pirogue (excellent film sénégalais), Le Noir (Te) Vous Va Si Bien (avec Thierry Lhermitte) ou encore Le Sac de farine (avec Hafsia Herzi) de la belgo-marocaine Khadija Leclère, le festival relate -sans tabous et décliné sous diverses formes- cet état de fait. De tous ces migrants qui d'une façon ou d'une autre, cherche leur eldorado ailleurs. Et au vu des réactions agitées durant les projections, la thématique fait polémique. Mais dans le bon sens du terme.

Le festival gadiri lève un coin du voile

Entre films, ateliers et conférences-débats, l'événement à commencer à se faire une place de choix dans l'univers culturel du pays avec une thématique de plus en plus d'actualité. « Pourquoi on demande aux immigrés de s'intégrer? s'interroge Mohamed Irgui. La question est vaste et pose débat chaque année. Car les immigrés pourraient très bien garder leur statut, leurs habitudes et coutumes. Intégrer quoi ou qui? C'est une problématique qui nous interpelle. Les politiques des pays obligent l'étranger à s'intégrer. Pourquoi ne peut-il pas vivre sa vie comme il le veut? » Tout cela semble aussi être une question de génération. « On est à la troisième génération d'immigration aujourd'hui. L'immigration a eu une histoire et on se doit de la suivre » insiste le secrétaire général dont l'objectif est de se battre contre les clichés sur ce phénomène universel qu'est la migration. Pour preuve, les frères Dardenne ont déjà touché au phénomène avec La promesse. Mais le grand drame du Maroc se situe même encore ailleurs. Alors que le Maroc, avec l'Afrique du Sud, est le plus grand producteur de film d'Afrique, les cinémas disparaissent petit à petit. Le septième art est en berne. Les acteurs de renommée mondiale ne manquent pourtant pas. Comme le regretté Hamidou BenMassoud (Spy Game, etc.) ou encore le jeune Booder (Beur sur la ville et bientôt en tournage avec l'américain Michael 'Reservoir Dogs' Madsen)

Silence, on ferme!

Agadir ou le festival de cinéma dans une ville sans salles obscures. La dernière salle de cinéma « Rialto » où se tient habituellement le festival a fermé ses portes au public depuis des années. La première station balnéaire du Royaume et capitale d'une région aussi vaste que le Souss-Massa-Drâa -qui abrite le « Hollywood de l'Afrique » à Ouarzazate- ne dispose donc pas d'une seule salle de cinéma. En cause? Le fléau du piratage, notamment. De 250 salles, le pays est passé à 34. Pour survivre, le Maroc regorge alors de festivals afin d'attirer le spectateur à nouveau vers les salles. A savoir plus de 50 festivals de cinéma à travers le pays. Monsieur Irgui est pourtant persuadé que la salle de cinéma reste rentable. « Commercialement, c'est une affaire qui tourne, ce sont juste les complexes cinéma qui tardent à se construire. Ca peut rapporter uniquement si la salle offre un espace convivial et du bon matériel ». Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, on confirme. Et donc, en attendant le Megarama local, le Rialto survit uniquement lors du Festival Cinéma et Migrations, grâce au haut patronage de sa majesté le roi Mohammed VI. « Le parrainage royal est un soutien moral qui permet de s'inscrire parmi les festivals qui ont de l'ampleur conclut le secrétaire général. Le roi amène la maturité, la continuité et la crédibilité à l'entreprise. Il aide pour la réputation du festival. La preuve, nous fêtons nos dix ans cette année ». Et en cette veille (le 17 février 1964) des 50 ans de la commémoration des immigrations marocaines en Belgique (un accord bilatéral relatif au recrutement de main d'œuvre pour les besoins de l'économie belge), le Festival rappelle que la langue française s'est de plus en plus immiscée dans la langue arabe. Salam Halekum pour ne pas dire CQFD.


En savoir plus: http://festival-agadir.com/

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Le festival gadiri lève un coin du voile

Entre films, ateliers et conférences-débats, l'événement à commencer à se faire une place de choix dans l'univers culturel du pays avec une thématique de plus en plus d'actualité. « Pourquoi on demande aux immigrés de s'intégrer? s'interroge Mohamed Irgui. La question est vaste et pose débat chaque année. Car les immigrés pourraient très bien garder leur statut, leurs habitudes et coutumes. Intégrer quoi ou qui? C'est une problématique qui nous interpelle. Les politiques des pays obligent l'étranger à s'intégrer. Pourquoi ne peut-il pas vivre sa vie comme il le veut? » Tout cela semble aussi être une question de génération. « On est à la troisième génération d'immigration aujourd'hui. L'immigration a eu une histoire et on se doit de la suivre » insiste le secrétaire général dont l'objectif est de se battre contre les clichés sur ce phénomène universel qu'est la migration. Pour preuve, les frères Dardenne ont déjà touché au phénomène avec La promesse. Mais le grand drame du Maroc se situe même encore ailleurs. Alors que le Maroc, avec l'Afrique du Sud, est le plus grand producteur de film d'Afrique, les cinémas disparaissent petit à petit. Le septième art est en berne. Les acteurs de renommée mondiale ne manquent pourtant pas. Comme le regretté Hamidou BenMassoud (Spy Game, etc.) ou encore le jeune Booder (Beur sur la ville et bientôt en tournage avec l'américain Michael 'Reservoir Dogs' Madsen)

Silence, on ferme!

Agadir ou le festival de cinéma dans une ville sans salles obscures. La dernière salle de cinéma « Rialto » où se tient habituellement le festival a fermé ses portes au public depuis des années. La première station balnéaire du Royaume et capitale d'une région aussi vaste que le Souss-Massa-Drâa -qui abrite le « Hollywood de l'Afrique » à Ouarzazate- ne dispose donc pas d'une seule salle de cinéma. En cause? Le fléau du piratage, notamment. De 250 salles, le pays est passé à 34. Pour survivre, le Maroc regorge alors de festivals afin d'attirer le spectateur à nouveau vers les salles. A savoir plus de 50 festivals de cinéma à travers le pays. Monsieur Irgui est pourtant persuadé que la salle de cinéma reste rentable. « Commercialement, c'est une affaire qui tourne, ce sont juste les complexes cinéma qui tardent à se construire. Ca peut rapporter uniquement si la salle offre un espace convivial et du bon matériel ». Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, on confirme. Et donc, en attendant le Megarama local, le Rialto survit uniquement lors du Festival Cinéma et Migrations, grâce au haut patronage de sa majesté le roi Mohammed VI. « Le parrainage royal est un soutien moral qui permet de s'inscrire parmi les festivals qui ont de l'ampleur conclut le secrétaire général. Le roi amène la maturité, la continuité et la crédibilité à l'entreprise. Il aide pour la réputation du festival. La preuve, nous fêtons nos dix ans cette année ». Et en cette veille (le 17 février 1964) des 50 ans de la commémoration des immigrations marocaines en Belgique (un accord bilatéral relatif au recrutement de main d'œuvre pour les besoins de l'économie belge), le Festival rappelle que la langue française s'est de plus en plus immiscée dans la langue arabe. Salam Halekum pour ne pas dire CQFD.