Rebecca Miller dirige son cher et tendre Daniel Day-Lewis

DEAUVILLE Une île isolée. Une ado de 16 ans, Rose. Son père Jack Slavin (Daniel Day-Lewis), un idéaliste. Deux décennies plus tôt, il rêvait de fonder une communauté. Le temps a passé. Pas ses idéaux.

La Ballade de Jack et Rose met en valeur une relation père-fille ambiguë

«Pour ces deux personnages, leurs relations sont effectivement très floues. Ils vivent à la fois comme des amis, des partenaires. Il n'y a aucun terme qui synthétise leurs rapports. Et c'est très bien comme ça. J'aime emmener les spectateurs dans un monde à part, en leur demandant de laisser leurs bagages au vestiaire. Mon rôle est de les pousser à comprendre les personnages pour qu'au final, une certaine empathie s'installe."

Etes-vous séduite par l'idée de la vie en communauté?

"J'adorerais. Mais pas Daniel (rires). Je pense que je pourrais m'adapter à une existence communautaire. Peut-être pas obligatoirement vivre tous dans une grande maison mais côtoyer d'autres personnes en permanence, élever les enfants collectivement. La plupart des gens qui ont connu l'époque hippie mènent aujourd'hui des vies normales. Mais peut-être qu'au fond d'eux-mêmes, il leur reste quelque chose de cette période. Toutes nos expériences passées continuent à faire partie de nous. "

Ce film a nécessité plus de 10 ans de gestation

" Il faut laisser du temps à certaines idées. Toutes ces années m'ont permis de prendre un peu de recul pour mieux explorer le personnage de Jack. Ce qui me touche avec lui, c'est qu'il a fait des choses tellement différentes de ses idéaux de départ. Chacun d'entre nous doit un jour ou l'autre faire face à ce décalage. Nous ne sommes pas toujours ceux que nous espérions devenir. "

© La Dernière Heure 2005