Mrs. Henderson presents. Coproduit par Bob Hoskins

BRUXELLES Londres, 1937. La richissime Laura Henderson vient tout juste de perdre son cher époux dont elle a hérité de la fortune. De retour en métropole après une vie passée aux Indes, la voici complètement désoeuvrée... Plutôt que d'investir dans la broderie, le bridge ou les oeuvres de bienfaisance, la respectable veuve décide de racheter un théâtre en décrépitude et de le faire revivre.

Avec l'aide d'un metteur en scène d'origine néerlandaise, elle relance le Windmill Theater de Londres. Mais après quelques mois de succès, le public se fait rare. Afin de sauver ce qui peut l'être, la patronne et son directeur artistique prennent une initiative plutôt osée pour l'époque : présenter sur scène de jolies créatures en tenue d'Eve.

Au plus grand étonnement des sujets les plus conservateurs de Sa Majesté, le Windmill obtient le feu vert des autorités culturelles sous certaines conditions. Nous sommes à la veille de la Seconde Guerre mondiale et à quelques mois de la Bataille d'Angleterre et du Blitz. Installé en sous-sol, le théâtre de Mrs. Henderson résistera tant aux bombes dévastatrices de la Luftwaffe qu'aux torpilles les plus insidieuses de la censure...

Le Britannique Stephen Frears a mis en scène cette évocation très classique d'une véritable page d'histoire qui suscita une vive polémique de l'autre côté de la Manche où le Windmill fut bientôt baptisé le Moulin Rouge londonien. L'auteur des Liaisons dangereuses et des Arnaqueurs a pu s'appuyer sur un couple de comédiens hors pair pour incarner la vieille dame indigne et son complice, en l'occurrence Judi Dench et Bob Hoskins.

On admettra à propos de la première que jamais une comédienne n'aura tiré un parti aussi inattendu de sa participation à la saga James Bond, et on précisera que le second a lui-même coproduit le film en précisant avec un humour tout britannique que pour jouer le rôle du metteur en scène, il s'est carrément inspiré de... son véritable metteur en scène de circonstance, Stephen Frears, qu'il dépeint effectivement comme « un vieux schnock râleur et emm... » !

© La Dernière Heure 2006