Get rich or die trying (Réussir ou mourir). 50Cent nous soutire quelques larmes

BRUXELLES Sa jolie maman vend de la coke pour lui acheter des baskets, mais ce n'est pas pour cela qu'il l'aime. Dans le New York des années 80 où la drogue fait des ravages et où les armes sont les uniques moyens d'expression, 50Cent, Marcus dans le film qui retrace son parcours, ne peut se reposer que sur elle. Le père est absent, même inconnu. Et lorsque sa dernière bouée est assassinée, le but ultime de l'adolescent n'est que de faire la peau au meurtrier qu'il croit être un sosie de Rick James, le chanteur funky.

Réussir ou mourir retrace avec réalisme le parcours du plus grand rappeur de ces cinq dernières années. Un homme à la poésie incontestable mais dont le passé est jalonné de péripéties violentes. Lorsqu'il sort son premier album Get rich or die tryin ', on retient surtout que neuf impacts de balles marquent son corps surgonflé. Stigmates d'une jeunesse passée dans la rue, à vendre du crack, en prison, entouré de filles, à deux doigts de la mort... Toutes ces étapes de la vie de Marcus sont retracées dans ce long métrage signé Jim Sheridan, à qui l'on doit Au nom du père.Évidemment, le rap occupe une place prépondérante dans l'histoire avant que celui-ci ne prenne le pas sur sa vie de délinquant. Derrière chaque tir ou sachet écoulé se cachent des freestyles et des sessions d'enregistrement dans le froid d'un studio délabré. En fait, 50Cent, surnommé Young Ceaser à ses débuts, démarre très tôt dans le hip-hop. À 12 ans, le fan de Public Enemy balance à son amie Charlene - qui lui donnera plus tard un fils - une tape contenant un rap suggestif. De quoi faire dresser les cheveux des parents de la jeune fille. Bref, la dureté de la trame fait de Réussir ou mourir un film intéressant, parfois émouvant. 50Cent, tantôt bad boy tantôt tendre, est convaincant dans son propre rôle. Dans un autre, il le serait peut-être moins. Frustrations: le film passe sous silence la rencontre avec Eminem et le passage du statut de star locale à celui de star internationale.

© La Dernière Heure 2006