Le cinéma sexy fait de la résistance

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Cinéma

Une petite envie cinéma très ou trop coquin ? Le ciné Paris, à Bruxelles, reste une institution


BRUXELLES "Deux places pour le film Ratatouille SVP." Rien de très spécial à cette demande, si ce n’est que le tenancier du cinéma ne pourra pas donner les places en question. Et pour cause, les personnes qui veulent voir le film d’animation se sont retrouvées par erreur dans le ciné Paris, l’un des deux cinémas qui programme du porno sur le boulevard Adolphe Max !


C’est qu’il n’est vraiment pas glauque le Paris : c’est tout propre. Entendez par là qu’il n’y a aucune trace de kleenex douteux, les clients ne peuvent fumer que dans les toilettes et il y a même un bar sympathique qui vous accueille en toute simplicité. Un long couloir feutré de couleur rouge mène aux deux salles qui peuvent contenir 180 places en tout. Ce couloir est parsemé de posters de films trèèèès sexy, histoire de vous rappeler, quand même, la nature des lieux. Le prix est tout à fait abordable : 7 € la séance, 5€ pour les deux séances.


C’est un couple qui tient l’endroit depuis une quinzaine d’années. Jean-François et Martine (prénoms d’emprunt) expliquent que la règle numéro un, c’est la discrétion : "Même si nos clients sont des habitués, nous maintenons une certaine distance. Ils sont malgré tout rapidement mis à l’aise. Parfois, ils veulent juste parler un peu, ils ne viennent pas nécessairement pour la projection." Il n’y a aucun préjugé en la matière et on se doute que la clientèle est variée : "Nous voyons de tout : du veuf qui ne veut pas passer sa journée tout seul à l’homme d’affaires de style BCBG avec son attaché-case."


Les couples coquins se donnent aussi rendez-vous au Paris. Cependant, ils ne représentent que 20 % de la clientèle. Le plus rare ? Les femmes seules : "Cela arrive, elles sont très mal à l’aise. On voit la différence de comportement quand elles sont accompagnées, ce qui est tout à fait normal."

Et ces fameux films censés mettre vos sens en ébullition ? Que de la production française signée Marc Dorcel, l’incontournable du milieu X. "Nous avons des contacts directs avec sa maison de production. C’est parfois à la demande des clients que nous passons tel film. Le changement de programmation intervient tous les jeudis avec deux films différents dans nos deux salles. Nous avons déjà programmé des films sexy asiatiques mais ça ne marche pas du tout, on revient donc vers des valeurs sûres."


Malgré le marché florissant des DVD, tant dans la vente que dans la location, des clubs d’échangisme et surtout du concurrent principal, l’Internet, l’industrie du cinéma X continue son petit bonhomme de chemin dans ce cinéma. Jean-François, très lucide, précise avec amusement : "Vous savez, c’est comme les magasins de confiserie, cela marchera toujours"

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