Avec son accent bruxellois qui ferait passer Raymond Goethals pour un membre précieux de l’Académie française, son look populo, son absence totale de finesse ("L’Afrique ne gagnera jamais la Coupe du Monde" car les joueurs font la fête dès qu’ils gagnent un match, explique-t-il au président de la Côte d’Ivoire), José (Benoît Poelvoorde) ne recevra jamais le moindre prix de classe ou d’élégance. Mais il a "un gros pif", comprenez du flair, pour dénicher un tueur dans les surfaces de réparation, "un mec qui fonce avec un QI zéro". Ce footballeur de rêve, il est certain de l’avoir déniché en Côte d’Ivoire avec Yaya (Marc Zinga). Qu’il tente de fourguer au Sporting de Charleroi.

NOTRE AVIS : 6/10

Renouant avec la comédie dramatique politiquement incorrecte qui avait fait son succès en 1999 avec Les convoyeurs attendent, Benoît Mariage mise sur l’exubérance et l’énorme talent comique de Benoît Poelvoorde pour traiter avec légèreté des coulisses peu ragoûtantes du monde du foot. Tantôt les répliques hilarantes fusent ("Y’a rien de plus con qu’un Blanc qui se prend pour un Noir" ou une tirade mémorable sur les nyctalopes), tantôt le ton se veut nettement plus grave ("La moralité, c’est un truc de Blancs, quand l’assiette est pleine").

Tout le monde en prend un peu pour son grade : les agents véreux, les footballeurs prêts à tout pour gagner l’Europe, les parents qui espèrent le jackpot financier ou les dirigeants de clubs qui se moquent éperdument des problèmes cardiaques d’un attaquant qui pourrait les sortir de la crise en marquant des buts.

Cela constitue à la fois la force et la faiblesse des Rayures du Zèbre. Benoît Mariage aborde tant de facettes que son propos reste fort superficiel. On espérait une dénonciation plus forte des magouilles qui entourent le sport le plus populaire de la planète. Et les prestations de Benoît Poelvoorde sont parfois tellement drôles (même si, à la longue, son accent lasse) qu’on s’attend à rire plus souvent sur l’ensemble du film alors que le sujet ne s’y prête plus.

Par moments brillante mais hélas trop inégale, cette comédie en forme de montagne russe contient suffisamment de scènes cultes et de répliques incisives pour justifier un déplacement dans les salles de cinéma. Même si les rires ne seront pas aussi massifs qu’espéré et les révélations sur le monde du foot finalement peut-être un peu trop gentilles pour convaincre totalement.