"Il faut qu'il se passe un truc, sinon cela ne va servir à rien "

BRUXELLES On a fini par trouver le seul sujet que Patrick Bruel ne veut pas évoquer. Le cap de la cinquantaine, qu'il franchira le 14 mai. "Je n'ai même pas envie d'en parler...", lâche-t-il avec un grand sourire. Pour le reste, le bavard n'a aucun tabou. Vous voulez savoir comment il se comporte quand il se rend à contrecœur à un dîner, comme cela est décrit dans Le code a changé ? Pas de problème.

"Si on est obligé, c'est qu'il y a des bonnes raisons. Jouer un jeu de pudeur, de faux-semblant, oui, cela peut arriver, mais pas souvent : je ne suis pas trop comme ça. On peut se trouver à un dîner et sentir que rien ne se passe. Je dois bousculer quelque chose ou quelqu'un pour qu'il se passe un truc. Sinon le dîner ne va servir à rien."

Ça, il ne supporte pas . "Quand on a la vie que j'ai, quand on fait quelque chose, c'est autre chose qu'on ne fait pas. Un dîner, c'est un livre que je ne lis pas, une pièce de théâtre ou un film que je ne vois pas. Mes enfants non, parce que je ne vais à des dîners que lorsqu'ils sont couchés : c'est réservé. Le temps n'est pas extensible. Donc, il faut que cela en vaille la peine."

Comme le film de Danièle Thompson, qu'il avoue avoir préparé différemment.

"Quand on est comédien, on rentre plus dans le cadre de la psychanalyse. On est en thérapie : on va chercher dans des éléments. Ici, j'ai eu envie d'aller voir, alors que ce n'est pas trop mon truc, d'habitude, de m'immerger pendant deux ou trois mois dans des endroits - je trouve qu'un acteur peut aller chercher des choses en lui. Ce type, son rêve est d'être médecin. Il est allé au bout. Mais il ne savait pas qu'être cancérologue, c'est aussi être psy."

Il a donc suivi de vraies consultations, avec des patients parfois mourants. "J'ai vécu pendant ces deux jours les moments les plus enrichissants de ma vie. J'ai compris mon personnage, sa fêlure, ce type haut en couleur, très volubile, qui aime le bon vin, une connerie... Ce qui est intéressant, c'est la triple lecture. En même temps, il sent que sa femme lui échappe. Il compose avec tout ça."

Le rire était aussi très présent durant les prises de vues. "J'ai fait des blagues à tout le monde. Cela n'arrêtait pas. Je suis celui qui a le plus ri. Je suis resté collé à Karin Viard tout le temps. Elle est incroyable. Il faut qu'elle fasse un one-woman-show. À part Foresti, on n'a personne comme ça."



© La Dernière Heure 2009