Cinéma Le film de Todd Phillips ne suscite quasiment que des réactions dithyrambiques sur la toile. Du jamais vu pour un blockbuster acclamé par la critiques et les cinéphiles (Lion d'or au festival de Venise).

Au-delà des récompenses et du succès populaire, certains films marquent leur époque pour devenir des phénomènes culturels, comme Le cercle des poètes disparus, Apocalypse Now, Shining, Full Metal Jacket, Star Wars ou Le Seigneur des anneaux. Une liste prestigieuse à laquelle il va falloir ajouter Joker, de Todd Phillips, si l’on se base sur le raz-de-marée de réactions dithyrambiques sur les réseaux sociaux.

“Chef-d’oeuvre noir”, “Magnifique, dévastateur”, “Un des meilleurs films que j’aie jamais vus”, “C’est tellement bon que je suis tiraillée entre Heath Ledger et Joaquin Phoenix, si similaires et pourtant si différents”, voilà, parmi des milliers d’autres, quelques réactions recueillies sur Twitter ou Facebook. Quasiment toutes vont dans le même sens. Malgré certaines critiques (“Si je comprends bien, si on ne rit pas à nos blagues, on devient un psychopathe ?”), on avait rarement vu un tel emballement des internautes pour un long métrage acclamé par la critique et les cinéphiles (Lion d’or au festival de Venise).

Un enthousiasme manifestement communicatif. Pour la presse américaine, malgré une grosse campagne de promotion de Disney en faveur de Robert Downey Jr pour sa performance dans Avengers : Endgame, Joaquin Phoenix fait très clairement figure de favori pour l’Oscar du meilleur acteur à ce jour. Si cette prédiction se concrétisait, ce serait la deuxième fois que le Joker jouerait un vilain tour à l’interprète d’Iron Man. En 2009, alors qu’il espérait décrocher la statuette chauve du meilleur rôle secondaire pour Tropic Thunder, Robert Downey Jr. avait en effet vu le précieux trophée décerné à Heath Ledger pour son interprétation du clownesque ennemi de Batman dans The Dark Knight.

La comparaison avec Heath Ledger constitue un des autres gros sujets de discussion sur les forums. Logique, dans la mesure où Joaquin Phoenix et lui incarnent le même personnage. Mais aussi parce qu’ils ont tous deux été bien au-delà du jeu, pour habiter totalement le personnage. Perte de poids, interprétation sidérante malgré les grimmages, jeu à la limite de la folie et implication personnelle extraordinaire (Joaquin Phoenix a reconnu avoir failli y laisser sa santé), pour tous les deux, il s’agit de la prestation d’une vie. Un peu comme celle de Jack Nicholson dans Shining, Leonardo DiCaprio dans The Revenant, Daniel Day-Lewis dans There Will Be Blood, Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club, Adrien Brody dans Le Pianiste ou Anthony Hopkins pour Le Silence des agneaux.

Le tsunami sur les réseaux sociaux ne fait que le confirmer : ce Joker devrait se transformer en atout gagnant lors des prochains Oscars.