Ce n’est pas parce que les salles doivent afficher un écran noir que le cinéma n’existe plus. Au contraire, les vrais amateurs se replongent dans des films cultes alors que d’autres les découvrent. Philippe Lombard est un féru de pellicule. Au fil des trente-huit livres qu’il a commis (un 39e est en cours…), il a pu se faire plaisir : d’Audiard à de Funès en passant par Truffaut ou James Bond, il y en a pour tous les goûts.

Dans son dernier ouvrage " 300 anecdotes de tournage ", il a été trifouiller dans les petites histoires qui font le charme du 7e art. Des anecdotes peu ou pas connues, des rendez-vous ratés mais aussi des personnages dont l’image publique est diamétralement opposée à la réalité. Un livre où l’on picore au gré des anecdotes numérotées, au gré de vos envies ou selon le nom de l’acteur ou de l’actrice qui est mis en vitrine.

Au fil des pages, les petites histoires savoureuses, émouvantes ou biscornues dévoilent l’envers d’un décor de papier mâché. Pas forcément toujours reluisant.

" La nature humaine et ses travers y sont décuplés, relate l’auteur. Dans le cinéma, certains comportements seraient totalement inacceptables dans d’autres milieux. Les acteurs mais aussi les réalisateurs se sentent intouchables. Certains ont certes un vrai talent professionnel mais pas un talent humain. Quand on voit un réalisateur de haute qualité comme Jean-Pierre Melville maltraiter son staff, on ne peut être que ravi que Jean-Paul Belmondo lui ait un jour envoyé un poing dans la figure… "

Ces 300 anecdotes de tournage, qui auraient pu être facilement doublées tant le cinéma regorge de petites histoires de coulisses, ne sortent pas de l’imagination ni même de la mémoire de Philippe Lombard.

" Au fil de mes publications, j’ai pu amasser une somme d’infos. Néanmoins, je ne connaissais qu’une soixantaine des anecdotes présentes. Le reste, j’ai dû fouiner dans les biographies, les bonus de DVD,… "

Un travail de fourmi qui débouche sur quelques perles. Comme ce célèbre producteur Menahem Golan qui se met à parler en réunion à un… singe qui est le personnage principal de son film.

Coluche qui refusé le rôle d’Ugolin dans Jean de Florette, Sophie Marceau qui plante son réalisateur fétiche Claude Pinoteau (La Boum) au profit du sulfureux Andrzej Zulawski qui allait devenir son mari, comment la saga culte " Retour vers le futur " a failli s’appeler « L’astronaute de Pluton », comme l’Aston Martin est devenue la voiture incontournable de James Bond. On en passe et des meilleures. Autant d’instantanés piochés dans l’histoire du cinéma.

Avec, en filigranes tout au long de la lecture, une question : serait-ce encore possible aujourd’hui de dévoiler autant la face cachée des acteurs, des réalisateurs mais aussi des producteurs tout (trop) puissants ?

" Les budgets sont nettement resserrés de nos jours et j’ai le sentiment que l’on s’amuse moins sur un plateau. Jadis, comme sur le tournage des Fantomas, les acteurs se permettaient de faire une scène en déconnant pour du beurre. C’est évidemment terminé. Sans oublier qu’à l’heure des réseaux sociaux, le moindre incident et/ou pas de travers se retrouverait d’emblée sur facebook ou twitter. "

Le romantisme du cinéma n’est plus. Les souvenirs restent.

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>>> Philippe Lombard, 300 anecdotes de tournage: Le cinéma comme vous ne l’avez jamais lu, Editions Hugo Image