Pour essayer de détourner une partie des téléspectateurs de Koh-Lanta, qui réalise des audiences très largement supérieures (4,5 millions de téléspectateurs l'an dernier, contre, 2,1 pour la fête du cinéma animée par Florence Foresti et dopée par la polémique Polanski), l'Académie des César n'hésite pas à sortir largement son portefeuille. Des sommes tenues secrètes jusqu'à l'élection de Véronique Cayla et Eric Toledano à la tête de l'institution. Le duo avait promis plus d'équité ou de transparence, et il a tenu parole.

Comme promis, il a publié une note, succincte, reprenant les principaux postes de dépenses et de recettes. Avec quelques résultats étonnants.

On y découvre ainsi que le total des charges, pour l'édition 2020, s'élève à 3.335.000 euros. Qui se décomposent comme suit:

  • 703.000 euros pour la fabrication et la livraison des coffrets de DVD
  • 269.000 euros pour les salariés permanents
  • 249.000 euros pour les salariés non permanents
  • 323.000 euros en honoraires de prestataires (comme les cabinets d'avocat ou les consultants)
  • 263.000 euros de frais généraux liés à l'organisation
  • 924.000 euros de charges externes liées à l'organisation de la cérémonie
  • 604.000 euros de charges externes liées aux autres opérations.

Rien que le coût des DVD laisse rêveur...

Malgré des charges qui suffiraient à elles seules à couler définitivement les Magritte du cinéma belge, l'Académie dégage un bénéfice de 161.000 euros. Il faut dire que les sponsors et les diffuseurs se montrent fort généreux (2.166.000 euros), tout comme les ayants droits des films, qui déboursent 878.000 euros pour les DVD et des places "gratuites" pour la cérémonie. Le reste vient des cotisations (324.000 euros) et de rentrées diverses, comme la vente d'extraits d'anciennes cérémonies (128.000 euros).

S'il fallait ajouter le prix des tenues et des bijoux prêtés aux stars, on atteindrait des sommes nettement plus astronomiques. Mais dans ce domaine-là, le secret reste toujours de mise.