Wladimir Yordanoff vient de tourner avec Olivier Gourmet

BRUXELLES Depuis plus de vingt ans, Wladimir Yordanoff mène une carrière cinématographique faite de seconds rôles parallèlement à sa carrière théâtrale faite, elle, de… premiers rôles. Une sorte de double casquette que l’intéressé décrit pratiquement comme complémentaire.

“Pour une nature neurasthénique comme la mienne, c’est presque un bonheur de passer de l’un à l’autre ! D’un côté, jouer 50 voire 100 fois la même pièce finit par lasser. D’un autre côté, jouer tout le temps le même personnage au cinéma me lasserait sans doute autant. Il y a des comédiens qui se sont créé un personnage et qui le baladent d’un film à l’autre. J’aime la diversité et le changement. Et le gros problème, en France, c’est qu’en tant qu’acteur, on vous case très vite…”

Celui qui incarne l’épouse d’Isabelle Nanty et le père de Julie Depardieu dans Essaye-moi de Pierre François Martin-Laval se souvient d’une amusante anecdote, suite au succès du Goût des autres d’Agnès Jaoui. “J’y incarnais un homosexuel qui n’avait pas l’air de l’être. J’ai eu en quelques mois plusieurs propositions pour jouer le même genre de personnages. J’ai refusé. Cela ne m’intéressait pas. J’aime changer de registre, et je sais tout faire. Mais comme on sait que je sais tout faire, on m’engu… presque ! C’est une sorte de monde à l’envers. La force d’un film comme Le goût des autres, c’est qu’il y avait huit personnages principaux. La force d’Essaye-moi, c’est aussi celle de ses personnages. J’avoue avoir adoré mon couple avec Isabelle Nanty.”

C’est la première fois que Yordanoff croisait Pierre Richard sur un plateau. Le film montre que les deux comédiens ont pris un plaisir évident à se donner la réplique… “Le vrai tempo comédie, c’est quelque chose d’irrationnel. On l’a ou on ne l’a pas. Si on donne sa réplique un dixième de seconde trop tôt ou un dixième de seconde trop tard, ça ne marche pas. Pierre, non seulement il a ce tempo, mais, en plus, il a sa bonne humeur. J’ai connu des acteurs comiques qui avaient le tempo mais qui vous bouffent. Et ça, c’est particulièrement désagréable…”

Avant de reprendre le cours des planches avec Coriolan de Shakespeare au Théâtre National Populaire de Lyon, dès l’été prochain, Wladimir Yordanoff a participé au tournage d’un film très attendu de Laurent Herbiet, Mon colonel, film évoquant la guerre d’Algérie avec nos compatriotes Olivier Gourmet et Cécile de France, et aussi, dans un autre seond rôle, Charles Aznavour.