Pour ses 30 ans, E.T. se refait une jeunesse et sort pour la première fois en Blu-ray. Rencontre avec Henry Thomas, alias Eliott

BRUXELLES C’est sans doute le film le plus intimiste de Spielberg. En 1982, personne n’imaginait que l’histoire d’amitié entre un petit garçon et un extraterrestre deviendrait le plus gros succès de l’histoire du cinéma au moment de sa sortie. Trente ans plus tard, la mascotte de Spielberg se paye un petit lifting avec sa sortie en Blu-ray. Le film est présenté dans sa version de 1982 superbement restaurée et sans les ajouts d’effets spéciaux de 2002, pour les 20 ans, dont Spielberg avait lui-même avoué qu’il s’agissait d’une erreur.

L’occasion pour nous d’interviewer Henry Thomas, qui jouait Eliott. À 41 ans, il continue une carrière discrète d’acteur, avec des rôles secondaires (il a tourné notamment dans un épisode de la saison 4 de The Mentalist et était apparu en 2002 dans Gangs of New York avec DiCaprio).

Vous vous souvenez de la manière dont vous avez obtenu le rôle ?

“On m’a dit que j’avais un rendez-vous avec Spielberg et qu’il s’agissait d’un film de science-fiction. J’étais un fan de Star Wars et je m’imaginais déjà dans une épopée intergalactique (rires). J’ai passé l’audition devant lui. Il m’a demandé à un moment d’improviser. Et à la fin, Steven m’a dit : “C’est bon, tu as le rôle !” C’est la seule fois que je suis sorti d’une audition en étant directement engagé !”

Quels souvenirs gardez-vous de Spielberg ?

“Il avait un enthousiasme communicatif incroyable. En plus, il avait ce don de se mettre au niveau des enfants lorsqu’il leur parlait. Je ne sais pas si c’était conscient ou pas, mais il donnait l’impression d’être des vôtres. Il n’était pas comme un adulte normal. Ce qu’il disait était accessible à un enfant de 10 ans et je comprenais tout ce qu’il disait !”

Comment se passait le tournage avec E.T. lui-même ?

“Même si c’était le summum de la technologie pour l’époque, le robot tombait souvent en panne. Ce n’était pas évident non plus de jouer devant une créature qui n’est pas vivante. Heureusement, il y avait un mime qui faisait les mouvements des mains et ça donnait un peu d’humanité au jeu.”

Quelle était la scène la plus dure à tourner ?

“Beaucoup s’imaginent que c’est celle des adieux. Mais non, c’était assez simple. On l’a tournée avec une équipe réduite, c’était très intime. La plus dure, c’est celle de la mise en quarantaine. Il y avait au moins une trentaine de personnes autour de moi et je devais impressionner tous ces gens ! C’était beaucoup de pression.”

Comment avez-vous vécu le succès du film ?

“J’ai été pris comme dans un tourbillon. Je l’ai très mal vécu. On a commencé à me reconnaître en rue et je n’étais pas prêt à gérer ça. Je m’encourais, alors que ce que j’aurais dû faire, c’est prendre un peu de temps pour serrer des mains et signer des autographes.”

Vous avez cependant évité de sombrer dans les excès – drogue, alcool – rencontrés par de nombreux enfants stars…

“On vivait dans le sud du Texas, je n’ai pas grandi à Hollywood ou Los Angeles. Ma famille ne faisait pas partie du métier non plus, ce qui a aidé.”

Comment avez-vous vécu la déchéance de Drew Barrymore dans les années qui ont suivi E.T., quand elle est devenue accro à la cocaïne à 12 ans ?

“Ça m’a vraiment touché, car elle était tellement jeune. Mais je ne l’ai pas vécu en direct, car je n’avais plus de contacts avec elle. Cela dit, il n’y a pas que dans le star-system que ça arrive. La drogue, l’alcool, tout ça touche plein d’autres jeunes, mais on en parle davantage quand ça concerne les enfants-stars car ils sont connus.”



© La Dernière Heure 2012