Corinne Touzet, l’inoubliable Femme d’honneur, a fait escale à Mons pour le Festival international du film d’amour. Elle fait partie des membres du jury. L’occasion de revenir sur une carrière déjà bien remplie.

Vous n’étiez pas prédestinée à devenir comédienne. Il paraît que vous vouliez devenir vétérinaire…

"Quand on est petit, on a des rêves d’enfant comme les garçons qui veulent devenir pilote d’avion. J’ai une passion réelle pour les animaux. Les vocations arrivent toujours un peu plus tard. J’ai fait du théâtre au lycée. J’avais 15 ans et demi et j’ai eu une révélation."

Votre prof de français vous a proposé de jouer un rôle dans une pièce de Molière. Est-ce que ce rôle a été un déclic ?

"La seule chose dont je me souvienne, c’est que c’était une évidence. C’était facile pour moi alors que pour tous les copains et copines, c’était un cauchemar. À partir de là, on se dit que c’est plutôt cool et qu’on a envie de recommencer."

Après Une femme d’honneur, vous êtes remontée sur les planches. Peut-on parler du début d’une nouvelle carrière ?

"Effectivement, le théâtre me manquait énormément parce que j’ai appris mon métier sur les planches. J’avais besoin de me faire peur, de savoir si j’y arriverais encore. C’était à double tranchant. Et maintenant, je ne peux plus m’en passer. J’ai aussi mon fameux bébé que j’ai mis quatre ans à monter avec Ettore Scola qui m’a donné les droits d’ Une journée particulière, que j’ai produite toute seule."

Avec des thèmes forts dont l’homophobie et le fascisme. Deux thèmes qui collent au climat qui règne en France !

"Complètement ! Le film parle d’homophobie et on était en plein dedans. La violence à Paris est inadmissible et insupportable. Et cela continue. La loi est passée, laissons les gens s’aimer et être heureux. Et, ce qui est beau dans la pièce, c’est la tendresse parce que ces gens vont s’aimer, se livrer l’un à l’autre comme ils ne l’ont jamais fait."

Vous avez également produit de nombreux téléfilms dans lesquels vous teniez un rôle. Est-ce que c’était une façon de jouer des personnages qu’on ne vous proposait pas ?

"Absolument ! J’ai monté ma société en 2000 pendant Une femme d’honneur en me disant que j’allais surfer sur la vague de popularité. C’était une façon de dire que je pouvais faire autre chose en même temps. J’ai pu montrer que j’étais une comédienne à part entière."

Vous avez beaucoup réalisé dans votre carrière. Est-ce qu’il y a encore une chose que vous rêveriez de faire ?

"J’ai souvent eu des rôles dramatiques assez forts. J’aimerais bien une comédie parce que j’aime faire rire. J’aimerais aussi qu’un metteur en scène de cinéma pense à moi. Pas forcément pour un grand film mais juste quelqu’un qui a envie de travailler avec moi. Le théâtre m’a redonné confiance en moi. Il m’a vraiment redonné la volonté de faire plein de choses. Mais ce dont j’ai vraiment envie, c’est de faire du théâtre jusqu’à la fin de mes jours."

Et s’il fallait donner une définition de l’amour, quelle serait la vôtre ?

"Pour moi, l’amour est indéfinissable. En revanche, je ne peux pas vivre sans. Dans ma vie, l’amour passe avant mon travail et ce sera toujours comme ça. C’est capital. Nous sommes tous égaux, que l’on soit acteur ou vendeur de cacahuètes, quand on n’est pas amoureux, la vie est triste."

Interview > Salvatore Papia