Il est toujours intéressant de se replonger dans les déclarations du passé et de les mettre en perspective avec le présent. Aujourd’hui, le Tout-Hollywood se demande si le 7e art a encore un avenir sur les grands écrans face à la concurrence des plateformes de streaming. Et en 2005, lors d’une rencontre à Paris pour The Aviator, Leonardo DiCaprio se battait déjà contre le pessimisme ambiant, beaucoup estimant alors que l’âge d’or du cinéma n’était déjà plus qu’un lointain souvenir.

“J’ai une immense estime pour le cinéma du passé, expliquait-il posément. Il y avait de grands pionniers à cette époque : Howard Hugues en était un dans la manière de filmer les scènes aériennes. Si on regarde bien, quand on voit l’âge du cinéma, nous sommes toujours dans l’âge d’or d’Hollywood. En comparaison avec les grands arts du passé, nous sommes toujours dans cette période dorée. La plupart des spectateurs sont époustouflés par ce qu’on fait dans les films actuels, alors que dans les œuvres d’antan, notamment celles de W. Griffith, on a réalisé des choses extraordinaires sans effets spéciaux. Les réalisateurs se comportaient alors comme des généraux à la tête de leurs troupes. Certaines scènes sont magiques, incroyables, surtout en regard des moyens dont ils disposaient. The Aviator montre tous ces premiers défis rencontrés par le cinéma en tant que forme artistique.”

Et c’est vrai qu’avec le recul, on se dit que voici une quinzaine d’années, le 7e art traversait une période faste. Et que tout n’était pas nécessairement plus brillant avant. “On peut émettre des doutes sur ses talents en tant que réalisateur, pas en tant que producteur. Quand il est arrivé à Hollywood, Howard Hugues était un rebelle, il se battait contre le système. Il a été le premier à produire un film de plusieurs millions de dollars, Hell’s angels. Plus tard, il a fait un film moins recommandable,The outlaw. En tant qu’aviateur, c’était non seulement un véritable génie, mais aussi un pionnier, qui a battu tous les records de vitesse. Il a également bâti le plus grand avion qui soit et ouvert le chemin à toute l’aviation commerciale. Tous les experts en ce domaine le respectent pour sa contribution.”

Méticuleux, Leonardo DiCaprio aurait aimé pousser la préparation jusqu’à piloter lui-même les vieux zincs qu’on voit à l’écran. “On n’a pas fait un documentaire, mais je me suis renseigné en lisant de nombreuses biographies afin d’en apprendre le plus possible sur les différents aspects de sa personnalité. J’ai essayé de piloter, mais les compagnies d’assurances ne m’ont pas autorisé à prendre les commandes des coucous de la première guerre mondiale pour la première fois. Cela aurait pris des proportions insensées. Nous avons donc travaillé avec des pilotes et réalisé des simulations.” 

Le résultat reste malgré tout magnifique.