56 longs métrages vont bénéficier du label 73e Festival de Cannes. Une "sélection officielle" fort alléchante.

Pour tous les festivaliers, privés du soleil cannois et de l’excitation des avant-premières dans des salles bondées de journalistes venus du monde entier, l’année 2020 est à marquer d’une pierre noire. Mais pour les cinéphiles, elle se révèle plutôt intéressante. Même si l’absence de Palme d’or les prive d’un repère incontournable, la création d’un label 73e Festival de Cannes ouvre les perspectives et devrait amener les curieux à découvrir peut-être un peu plus d’œuvres que d’habitude.

"Ce label, c’est la sélection officielle du Festival de Cannes", toutes sélections confondues, a expliqué d’entrée de jeu Thierry Frémaux, le délégué général de la manifestation. Le choix de 56 œuvres ne fut pas simple, puisque pas moins de 2 067 longs métrages ont été proposés cette année, ce qui constitue un record historique.

Géographiquement, la diversité est de mise : ils proviennent en effet de 147 pays, contre 138 un an plus tôt. En revanche, les réalisations féminines sont moins nombreuses : 532 contre 575 en 2019. Qu’à cela ne tienne, seize réalisatrices se voient décerner le fameux label, alors qu’elles n’étaient que quatorze en lice l’an dernier.

Impossible, ici, de détailler la sélection. Mais il faut en retenir que Steve McQueen se voit doublement mis en valeur, avec Lovers Rock (sur la manière dont la communauté noire était traitée à Londres dans les années 70) et Mangrove, sur le harcèlement des Blacks par les policiers. Deux ouvrages dont on devrait énormément parler, tant ils font écho au sort dramatique dont George Floyd fut victime.

Parmi les habitués, on retrouve Wes Anderson, avec The French Dispatch, "un mélange de bande dessinée, de cinéma d’animation, de cinéma réel, un grand hommage aux journalistes". Mais aussi François Ozon avec Été 85, Naomi Kawase avec True Mothers, Thomas Vinterberg avec Druk, Maïwenn avec ADN, et, pour défendre nos couleurs, Lucas Belvaux avec Des Hommes.

Les premières œuvres se taillent la part du lion. Avec en tête d’affiche Falling de Viggo Mortensen (alias Aragorn dans Le Seigneur des anneaux) et Slalom de Charlène Favier, sur le harcèlement sexuel dans le sport, avec Jérémie Renier à l’affiche.

Une fois n’est pas coutume, les comédies se retrouvent très bien représentées avec Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal, Les Deux Alfred de Bruno Podalydès, Un triomphe d’Emmanuel Courcol (avec Kad Merad dans le rôle principal), L’Origine du monde de Laurent Lafitte (il s’agit de sa toute première mise en scène) et Le Discours de Laurent Tirard.

Enfin, parmi les quatre films d’animation retenus, deux font figure d’événements : Aya to majo, la nouvelle création du studio Ghibli signée Gorô Miyazaki, et le très attendu Soul de Pixar, centré sur l’âme humaine.

De quoi passer énormément de bon temps dans les salles de cinéma ces prochains mois.