Ricky Gervais dézingue joyeusement les stars hollywoodiennes avant même qu’elles ne reçoivent leur premier trophée de l’année.

C’est une coutume de début d’année aussi immuable que la galette des rois : dès que les dindes ne sont plus farcies aux marrons, les stars vont faire un peu d’exercice sur les tapis rouges et, accessoirement, recevoir une multitude de prix plus destinés à encombrer les cheminées qu’à passer à la postérité.

Un marathon en robe longue et smoking ouvert traditionnellement par les Golden Globes, les prix décernés par les journalistes étrangers installés à Hollywood. La légende prétend qu’ils annoncent les futurs grands gagnants des Oscars. Autant dire que Sam Mendes (1917, meilleure dramatique), Quentin Tarantino (Once Upon a Time in Hollywood, meilleure comédie), Renee Zellweger (Judy), Awkwafina (The Farewell), Laura Dern (Marriage Story), Joaquin Phoenix (Joker), Taron Egerton (Rocketman) et Brad Pitt (Once Upon a Time in Hollywood) font tous des rêves de statuettes chauves dorées depuis dimanche soir.

Très honnêtement, en matière de songes, on ne les envie vraiment pas. Et pour le reste non plus. Il y a d’ailleurs fort à parier que ces trophées marqueront moins les imaginations que la tenue plus que décolletée de Kerry Washington (en fait, une simple veste grande ouverte au-dessus d’une jupe noire) ou totalement transparente de Gwyneth Paltrow.

Aux États-Unis, les idoles du 7e art ne se contentent pas d’en mettre plein la vue. Elles soignent aussi leurs discours. Et cette année, elles ont frappé fort. À commencer par le présentateur de la soirée, Ricky Gervais, dont les conseils aux nommés ne sont pas passés inaperçus : "Si vous gagnez ce soir, n’en profitez pas pour en faire une plateforme politique. Vous n’êtes pas en position de faire un sermon au public en quelque matière que ce soit, vous ne connaissez rien du vrai monde. La plupart d’entre vous a passé moins de temps à l’école que Greta Thunberg. Donc, si vous gagnez, vous montez sur scène vous acceptez votre petit prix, vous remerciez votre agent et Dieu, puis fuck off. OK ?"

Cette partie-là n’a pas été censurée. Au contraire de toutes les grossièretés de Joaquin Phoenix, tellement bipées par la production qu’il doit s’agir d’un record du monde.

Dans un tout autre registre, Brad Pitt s’est illustré par un humour typiquement américain. "Je voulais venir avec ma maman, mais c’était impossible, parce que dès que quelqu’un s’assied à côté de moi, on prétend que je sors avec elle. Cela aurait été gênant." Avant de remercier son partenaire, Leonardo DiCaprio. "Je ne serais pas ici sans toi, man. Merci. Cela dit, à ta place, j’aurais partagé le radeau (de Titanic, NdlR)."

Et parce qu’à Hollywood, tout se termine par de la politique, Michelle Williams a appelé les femmes "à voter dans leur propre intérêt". "N’oubliez pas que nous sommes majoritaires. Faites en sorte que ce pays nous ressemble plus."

Il faut avouer que tout cela a quand même plus d’allure que les César.