Rien de grandiose cette semaine dans les salles. Ca tombe bien, il fait beau

BRUXELLES Le mercredi, c'est le jour des sorties! Le temps ne se prête plus à une bonne séance de cinéma mais cela ne doit pas empêcher la fréquentation des salles obscures.

Pour éviter les mauvaises surprises, voici notre avis sur les nouveaux films de cette semaine.

La chute de la Maison-Blanche: 4/10

Classique, ultra-prévisible mais efficace.

Résumé. Autrefois considéré comme un des meilleurs gardes du corps de la Maison-Blanche, Mike Banning (Gerard Butler) s’ennuie désormais à gérer de la paperasserie dans un morne bureau. La raison de sa disgrâce ? Ne pas avoir su protéger la First Lady lors de son décès accidentel. Mais l’occasion de se racheter se présente lorsque les Nord-Coréens lancent une mission suicide sur la Maison-Blanche et qu’il ne reste plus que lui pour sauver la vie du président Benjamin Asher (Aaron Eckhart).

Notre avis. Un film d’action comme seuls les Américains peuvent en tourner. Et ils ne se privent pas de nous en fournir treize à la douzaine… En clair, les amateurs de cinéma original, raffiné ou inventif ne vont absolument pas se retrouver dans ce film d’action pur et dur, au scénario maigrichon qui lorgne fort du côté de Die Hard, aux protagonistes caricaturaux, aux rebondissements ultra-prévisibles et à la morale digne des meilleurs films de Michael Bay. C’est une évidence, La chute de la Maison-Blanche n’apporte strictement rien au 7e art.

Pour autant, cette production au casting prestigieux n’est pas à passer au lance-flammes. Antoine Fuqua offre aux fans de divertissement leur dose de spectacle, de fusillade et de tension. Avec une efficacité certaine. Avec un poil plus de psychologie dans le chef des personnages, on aurait même pu parler de réussite dans le genre.

Les âmes vagabondes: 4/10

Les âmes extraterrestres envahissent nos esprits.

Résumé. Dans un futur indéterminé, la Terre a été conquise et les humains doivent désormais composer avec des âmes qui ont pris le contrôle de leur corps. Mélanie, elle, fait de la résistance. Mais se fait capturer en voulant protéger son frère, Jamie, dont elle est très proche. Vagabonde reçoit pour mission de sonder ses souvenirs pour dénicher d’autres rebelles. Ce qui s’avère difficile pour l’âme invasive, tant Mélanie fait preuve de caractère. Pourtant, les deux personnalités dans le même corps vont se rapprocher. Et s’opposer en raison de leur attirance pour deux hommes différents, Jared Howe et Ian O’Shea.

Notre avis. Vu l’imposant succès commercial de la saga Twilight, l’autre série à succès de Stephenie Meyer, Les âmes vagabondes, devait inévitablement à son tour se retrouver adaptée au cinéma. Et, sur papier, l’idée semble même excellente. Loin des vampires mielleux à la personnalité aussi blafarde que leur teint cireux, Les âmes vagabondes permet, potentiellement, d’offrir de solides confrontations psychologiques doublées de gros problèmes de cœur.

Avec une intrigue aussi schizophrénique, on était en droit de s’attendre à une plongée fascinante dans les méandres contradictoires des fondements mêmes de l’humanité, d’être interpellé par les oppositions de cette double personnalité et l’exploration de nombreuses facettes a priori incompatibles. Avant de déborder sur la dictature de la pensée unique et les techniques de manipulation mentale.

Mais Andrew Niccol, pourtant considéré comme une véritable pointure à Hollywood (Bienvenue à Gattaca, Simone, Lord of War, Time out ou le scénario de The Truman Show), n’a manifestement pas su résister à la pression des studios, désireux de séduire les fans de Twilight avec de la romance bien sirupeuse et des développements bien trop sages, loin des audaces que permet la science-fiction.

Saoirse Ronan y livre une superbe prestation, pleine de nuances et de contradictions, et confirme son titre de principale challenger de Jennifer Lawrence, mais cela ne suffit pas à combler les coups de mou de cet ouvrage trop long dont on espérait beaucoup mieux.


© La Dernière Heure 2013