La vie d'Adèle 1 et 2: 2/10

RÉSUMÉ: Pas facile, pour une ado de 15 ans, de subir les railleries des copines parce qu’une fille aux cheveux bleus l’attend à la sortie de l’école. Mais c’est plus fort qu’elle, Adèle est irrésistiblement attirée par Emma, une étudiante en arts plastiques qui profite de tous les plaisirs de la vie sans modération. Pour elle, elle va grandir et tenter de trouver sa place dans un milieu très différent de tout ce qu’elle a connu.

NOTRE AVIS: Les plus courtes sont les meilleures. Une maxime qu’Abdellatif Kechiche n’a jamais faite sienne. Aussi bien à l’écran (près de 3 h pour une intrigue microscopique !) que dans les médias, où il entretient avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos une polémique stérile depuis des mois, après s’être fait allumer à Cannes par certains de ses techniciens pour les conditions de travail (déjà…). Juste ce qu’il faut pour ne pas donner envie d’aller voir la Palme d’or 2013.

Inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude, La vie d’Adèle 1 et 2 épouse les contours d’un film typiquement de festival. D’une lenteur inouïe, avec un sens de l’esthétique évident et juste ce qu’il faut de scandale pour choquer. Sans des scènes de sexe dignes d’un porno, qui mettent vraiment mal à l’aise par leur voyeurisme gratuit et leur durée qu’absolument rien ne justifie, le film de Kechiche ne serait jamais sorti de l’anonymat. Le cinéaste l’a bien compris, lui qui ne se contente pas de montrer la jeune Adèle Exarchopoulos entièrement nue pendant que l’artiste Léa Seydoux la peint. Non, sa caméra prend le temps de détailler l’anatomie du modèle, avec de gros plans interminables sur son intimité, lors d’un travelling à vitesse d’escargot sur son corps, qui n’apportent strictement rien.

À l’image de cette fiction bien ancrée dans tous les excès des dramatiques françaises : la belle passion entre une ado en manque de repères et une jeune femme libre dans sa tête vire progressivement à l’affrontement, aux cris et aux pleurs, sans jamais parvenir à captiver. Cette histoire d’amour lesbienne, après une entame très prometteuse, s’enlise dans la banalité et les poncifs, pour s’étirer mollement jusqu’au bout de l’ennui alors que se multiplient les plans d’Adèle en voiture, à l’école, en rue ou en train d’observer autour d’elle (si, si…). Les Palmes d’or sont rarement synonymes de divertissements; La vie d’Adèle n’améliorera pas cette réputation.

C’est sûr, les deux interprètes principales impressionnent à l’écran. Par la force de leurs sentiments et de leurs convictions. Mais vu tout ce qu’elles ont enduré pour obtenir ce résultat, il est difficile de le cautionner. La fin ne justifie pas les moyens.

La bande-annonce de "La Vie d'Adèle, chapitres 1 et 2"


Planes: 4/10

RÉSUMÉ: Dans son petit coin agricole du centre des États-Unis, Dusty n’égaie ses journées d’avion d’épandage que par des loopings spectaculaires ou des exercices d’agilité en dehors de ses heures de travail. À l’instar d’un transexu-ailes , il sent bien au fond de lui qu’il n’est pas destiné à rester un simple coucou pour fermiers. Ses rêves le portent non pas vers les sommets (il souffre du vertige…), mais directement dans les compétitions de vitesse normalement réservées aux bolides supersoniques. À la surprise générale, il parvient à se qualifier pour le prestigieux Grand Rallye du Tour du Ciel. Mais sans l’aide de Skipper, un as de la Deuxième Guerre mondiale, il risque de ne faire que de la figuration dans l’épreuve archidominée par son idole, Ripslinger.

NOTRE AVIS: Dès le départ, il n’y a pas la moindre ambiguïté : Planes prolonge l’univers de Cars dans les airs. Une démarche difficile à comprendre sur le plan artistique (Cars est l’une des rarissimes déceptions des studios Disney/Pixar) mais parfaitement logique d’un point de vue marketing (les enfants adorent les petites voitures, alors pourquoi pas les avions ?).

Malheureusement, le scénario ne prend pas de l’altitude pour autant. Les idées font du rase-mottes (une simple course autour du monde avec des modèles représentatifs des différents pays), l’humour basé sur les nationalités tombe souvent en chute libre et seule la beauté des concurrents et des décors sert d’unique parachute à un récit totalement convenu, dénué du plus petit élément de surprise, destiné à démontrer une nouvelle fois que le courage et l’amitié permettent de vaincre tous les obstacles.

À réserver avant tout aux plus petits, pour qui le charme des dessins mignons devrait suffire. Planes n’a absolument rien d’indigne, mais Disney nous avait habitué à tellement mieux qu’on ne peut que se montrer déçu.

La bande-annonce de "Planes"


La confrérie des larmes: 0/10

RÉSUMÉ: Gabriel (Jérémie Renier), ex-flic ravagé par la mort de sa femme, peine à nouer les deux bouts pour préserver à sa fille ado une existence à peu près normale. Quand il perd son boulot de laveur de vitres, c’est la cata. La chance se présente alors en la personne d’un ex-taulard, qui lui est redevable de son honnêteté devant un tribunal. Désormais rangé des voitures et gagnant très bien sa vie, ce dernier offre à Gabriel un boulot extrêmement bien rémunéré, honnête, jure-t-il. Gabriel se rend à l’adresse qu’on lui indique. Et met le doigt dans un engrenage fatal qui se met en route.

NOTRE AVIS: S’il y a des larmes, dans ce film, ce sont celles, tantôt de rire, tantôt de désespoir, du spectateur. Après un démarrage laborieux, le film semble, une vingtaine de minutes, tenir la promesse d’un bon thriller : que contiennent les valises confiées à Gabriel, à n’ouvrir sous aucun prétexte ? Peut-être le scénario du film ? Ces valises-là, en tout cas, sont de nature à se transformer en casseroles pour Jérémie Renier ou Bouli Lanners, vraiment pas à leur avantage dans cette série Z mal décantée.

Car, oui, il est question de pinard dans ce film - on ne craint pas de spoiler quoi que ce soit. Ce qui est sûr, c’est que ce scénario-ci aurait mérité de mûrir un peu (voire, osons l’écrire, de rester à la cave). Entre dialogues d’une platitude confondante, raccourcis éhontés (la scène du baiser : Lol), incohérences et mauvaise utilisation des moyens, on boit le calice jusqu’à la lie. Les acteurs font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose.

La bande-annonce de "La confrérie des larmes"