Cinéma Les frères Dardenne ont présenté Le Jeune Ahmed au Festival de Cannes, ce lundi.

Le 20 mai 1999 était un samedi. Ce jour-là, Luc et Jean-Pierre Dardenne ont monté les marches du Festival de Cannes pour la première fois. Rosetta était alors le dernier film projeté en compétition. Almodóvar avait enflammé la Croisette avec Tout sur ma mère. Il n’y avait personne pour penser que ces deux Belges inconnus puissent le priver de la Palme d’or.

Le 20 mai 2019 est un lundi. C’est la huitième fois consécutive que les frères sont au pied des marches. Almodóvar a enflammé la Croisette avec Douleur et Gloire, et la présence du Jeune Ahmed n’est sans doute pas pour le rassurer. L’histoire repassera-t-elle la paëlla ? Dès les premiers plans, les Dardenne affichent un retour à leurs fondamentaux. Ce jeune Ahmed, 13-14 ans, s’est fait laver le cerveau par un imam qui prêche le djihad. Il se retrouve en IPPJ pour avoir tenté de poignarder une professeure "apostat".

Les Dardenne empoignent le thème du radicalisme à leur manière, très physique, documentaire, avec cette sécheresse dans le récit, cet hyperréalisme dans la direction d’acteurs et une interrogation comme moteur. Et cela donne un film très dérangeant car il refuse la bien-pensance.

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