Ils ont décroché le prix de la mise en scène pour Le jeune Ahmed, en salle depuis mercredi. Avec ce septième trophée en 72 éditions, ils inscrivent leurs films dans quasiment 10 % des palmarès de la plus grande manifestation cinématographique au monde. Impressionnant.

C'est assez incroyable. Après deux Palmes d'or (Rosetta en 1999 et L'enfant en 2005), un prix du scénario (Le silence de Lorna en 2008), un Grand Prix du Festival (Le gamin au vélo en 2011), un prix d'interprétation féminine (Emilie Dequenne pour Rosetta en 1999) et un prix d'interprétation masculine (Olivier Gourmet pour Le fils en 2002), les frères Dardenne ont décroché une septième récompense ce samedi à Cannes. En 72 éditions, cela leur permet d'entrer dans quasiment 10 % des palmarès de la plus grande manifestation cinématographique. Une sacré performance, même si leur dernière oeuvre nous a déçus.

Le jury présidé par Alejandro González Iñárritu a en effet décerné le prix de la mise en scène au Jeune Ahmed. Un trophée décerné par Viggo Mortensen, qui avait tenu à citer Agnès Varda: "Il ne faut pas montrer, mais donner envie de voir. Alors, qui a donné le plus envie de voir ?" Eh bien, pour Iñárritu, ce sont Luc et Jean-Pierre Dardenne. "Je tiens à remercier le jury d'avoir récompensé ce film, un hymne, une ode à la vie, a débuté Luc Dardenne. Nous avons filmé un jeune fanatique dans ces temps sombres, difficiles, où les populistes identitaires montent, où les intégrismes religieux montent. Nous avons filmé un appel à la vie, ce qui est aussi le rôle du cinéma."

"Le problème, c'est que nous sommes deux, a enchaîné Jean-Pierre Dardenne. Je vais faire court. Je remercie le jury, comme mon frère, mais aussi tous ceux qui nous soutiennent depuis le début. Tout le monde comprendra qu'on remercie le jeune Idir (Ben Addi, ndlr) qui a si bien incarné le jeune Ahmed."

Quelques minutes plus tard, les deux Liégeois rayonnaient en conférence de presse. “Ce prix, nous en rêvions un peu depuis que les frères Coen l’avaient reçu, parce que c’est le cœur de notre travail. Nous sommes très heureux. Nous avons rarement dirigé un garçon avec un sens du rythme comme celui-là. Il nous a surpris. On peut dire que c’est le troisième metteur en scène, mais pas le troisième frère, il est trop jeune pour ça.”

Et de conclure : “Une religion est toujours un dressage des corps. Ahmed est enfermé dans une logique qui exclut les autres qui ne sont pas purs comme lui. Comment casser ces frontières et filmer la vie qui est quand même là ? On a essayé que les appels de la vie continuent de résonner malgré sa prison religieuse.”