Gangster squad. Un polar violent, à l’esthétique léchée, mais qui sent le déjà-vu

LOS ANGELES RÉSUMÉ. À Los Angeles, en 1949, tout le monde mange dans la main de Mickey Cohen, une teigne qui fait écarteler par deux voitures ceux qui tentent de s’opposer à lui. Tous les flics se laissent graisser la patte et ferment les yeux sur ses agissements. Sauf cette tête brûlée de Serge O’Mara. Fort de son expérience militaire, lui, il fonce, il cogne, il flingue, il arrête, puis seulement il pose les questions. Pour contrer Cohen, le chef de la police l’engage à former une bande de justiciers anonymes, rien que des durs à cuire frustrés de ne pas pouvoir faire respecter la loi en tant que policiers.

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NOTRE AVIS. Le peu réputé réalisateur de Bienvenue à Zombieland , Ruben Fleischer, a manifestement été biberonné aux Incorruptibles dans sa jeunesse. Car son Gangster squad n’est rien d’autre qu’une version Los Angeles de la lutte entre Eliot Ness et Al Capone. Avec un maximum de violence. Main arrachée par un ascenseur, crâne défoncé à la perceuse, corps brûlés vifs, tout est bon pour faire souffrir au maximum. Et les forces de l’ordre ne se comportent guère mieux que le sadique roi de la pègre angelinos.

Et c’est peut-être là que le jeune réalisateur de 38 ans s’est fourvoyé. Au lieu de se concentrer sur ses magnifiques descriptions de la Cité des anges, de fournir des images léchées et stylées, de créer des ambiances au service de l’intrigue, il ne peut s’empêcher de tomber dans la surenchère violente et de faire son Tarantino en glissant de temps à autre de petites touches d’humour.

Le cocktail n’est pas imbuvable, mais c’est avant tout dû à la performance éblouissante de deux comédiens forts en gueule. Sean Penn en roquet toujours prêt à mordre, en mafioso arrogant, en despote incapable de supporter la moindre contrariété, donne réellement froid dans le dos. On sent chez lui une hargne qui confine à la rage.

En face, Josh Brolin se la joue plus bulldozer, force de la nature qui se jette dans la bagarre sans réfléchir. La confrontation de ces deux terreurs à la psychologie minimaliste, de ces personnages de légende, débouche sur des confrontations haletantes. Dommage, vraiment, que l’ensemble ait un goût de déjà-vu un peu trop marqué et que le scénario en forme d’autoroute ne s’aventure guère sur l’un ou l’autre chemin de traverse qui amènerait quelques rebondissements inattendus.

Gangster squad

Polar

Réalisé par Ruben Fleischer

Avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Sean Penn, Emma Stone, Nick Nolte

Durée 1 h 53



© La Dernière Heure 2013