Avalanche de critiques sur les réseaux sociaux pour les pro et anti-Polanski.

Rien de tel qu’une bonne polémique pour doper les audiences. Les César de la honte, probablement la pire cérémonie de toute l’histoire du cinéma français, unanimement décriée en raison des résultats et/ou de déclarations scandaleuses, a fait un malheur vendredi dernier. Suivie par 1,65 million de téléspectateurs en 2019, la "fête du cinéma" (qui n’avait rien d’une fête et où on a parlé de tout sauf de cinéma…) a cette fois attiré 2,16 millions de curieux, sans doute plus impatients de voir les stars en découdre que d’apprendre le nom du meilleur monteur.

Depuis ce sinistre vendredi, on peut dire que les cinéphiles ont été gâtés. Plutôt réservée devant les caméras, "la grande famille du cinéma" se lâche complètement sur les réseaux sociaux. Et à la moindre déclaration, même vaguement pro ou anti-Polanski, la réaction est toujours la même : un torrent de haine.

"Vincent Cassel le plus hypocrite de tous... !" tweete son partenaire de La Haine, Saïd Taghmaoui. La plupart des internautes, eux, butent sur le hashtag utilisé par l’ex de Bellucci, #negrophile4life, qualifié de "safari du colonisateur" ou de raciste.

Florence Foresti se dit "écœurée" par le couronnement du réalisateur polonais de 86 ans dont Jean-Pierre Darroussin avait refusé de prononcer le nom ? Patrick Chesnais les traîne aussitôt, dans la boue, qualifiant leurs prestations de "pathétiques et nauséabondes". Suivi de Richard Anconina, qui s’étonne des émoluments de l’humoriste (130 000 €), ou de Lambert Wilson, choqué par l’attitude d’Adèle Haenel : "Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules…"

Dans l’autre camp, Fanny Ardant et Emmanuelle Seigner sont dézinguées pour avoir pris le parti du cinéaste, Jean Dujardin pour s’être abstenu de venir et Gilles Lellouche pour avoir défendu son ami, Jean Dujardin: "Attention, l’épidémie de Connardovirus se propage chez les artistes" (@assopapillons sur Twitter) . Accusés comme accusateurs sont honnis. Même Isabelle Huppert et son énigmatique "le lynchage est une forme de pornographie", se prennent une volée de bois vert.

Évoquer Polanski ou ses opposants suffit à déclencher une pluie d’insultes. Mieux vaut donc ne rien dire. Il paraît pourtant que la France est "le pays de la liberté d’expression".