L'impact total de la crise pour la société est estimé à 1,4 milliard $ au premier trimestre. Seule la plateforme de streaming Disney + cartonne, avec 54 millions d'abonnés.

Les géants du divertissement ne sont pas plus épargnés que le reste du monde culturel par la pandémie de covid-19. Que du contraire, même: chaque arrêt d'activité se traduit par un trou béant dans les caisses. Au moment de dresser le bilan financier de la première partie d'année, Bob Chapek, le CEO de Disney, n'avait pas le sourire. Le chiffre d'affaires de la compagnie a connu un bond de 21 %, pour s'établir à 18,01 milliards $ durant le premier trimestre, mais cette hausse spectaculaire n'est due qu'au fait qu'à pareille époque, l'an dernier, l'acquisition de la Fox n'entrait pas en ligne de compte dans les bilans.

Dans les faits, presque toutes les données sont à la baisse. L'impact de la pandémie est chiffré à 1,4 milliard $ de pertes en ce début d'année, avec un milliard rien que pour les parcs d'attractions et les activités qui y sont liées.

La seule bonne nouvelle, comme on pouvait s'y attendre, est liée à Disney +. La plateforme de streaming, qui espérait séduire de 60 à 90 millions d'abonnés à l'horizon 2024, compte déjà 54,5 millions de souscripteurs au mois de mars. Et cela, alors que son déploiement n'est que très partiel en Europe et en Asie.

"Le covid-19 a un impact financier significatif sur un certain nombre de nos business, mais nous sommes confiants dans notre capacité de résister à ces interruptions et à en sortir dans une position forte", a déclaré Bob Chapek. Une vision que ne partagent manifestement pas les analystes de MoffettNathanson. Selon un rapport cité par The Orange County Register, ils estiment la fréquentation des parcs à 50 % en 2020, 75 % en 2021 et 90 % en 2022. Selon eux, les parcs devront proposer des promotions pour attirer de nouveau le public. Résultat de leur prévisions très pessimistes: une estimation de manque à gagner de 21,7 milliards sur trois ans pour Disney dans ses parcs, hôtels et tout ce qui y est lié. Mais vu qu'on n'arrive pas à déterminer quand rouvrira le secteur du divertissement ni dans quelles conditions, on ne sait pas trop comment ces experts parviennent à fournir des prédictions aussi précises et catastrophiques...